‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 213 sur 610 · Avant l'abréviation de que, il a biffé celle d'e · texte numérisé non relu

Avant l'abréviation de que, il a biffé celle d'e

jusqu'au père de l'héritière, et que pas un d'eux, ni avant, ni depuis, n'a eu de rang en France, ni1 pas un de leur maison, ni n'en ont prétendu, si on excepte le seul maréchal de Fleuranges2, qui, par le crédit de la duchesse de Valentinois maîtresse d'Henri II, sa belle-mère, eut personnellement rang de duc3. Tel a été l'état des choses à cet égard jusqu'au vicomte de Turenne, Henri * de la Tour, devenu maréchal de Bouillon. Aux pays étrangers, il n'a pas été différent, en aucun desquels Sedan ni Bouillon n'ont jamais passé ni pour souverainetés ni pour principautés ; aucun de leurs seigneurs n'a été reconnu en aucune cour de l'Europe pour souverain, ni même pour prince, et n'a prétendu aucun rang ni aucune distinction comme tels en pas une5. Voyons maintenant ce qu'en a su faire le maréchal de Bouillon la Tour6, et sa postérité.

Les étranges moyens par lesquels ils sont parvenus au rang et aux biens dont ils jouissent, et aux grands établissements de toutes les sortes qu'ils ont su se procurer, remplissent nombre de volumes qui sont entre les mains de tout le monde7. Je me renferme ici à ce qui est de mon sujet, faits8 qu'ils ont pris et prendront grand soin d'étouffer autant qu'il leur sera possible. Il n'y en a que deux du maréchal de Bouillon en France. Gendre du fondateur des Provinces-Unies, comme à la tête du parti huguenot en France, beau-frère de l'électeur palatin, oncle de ses enfants, par conséquent de l'infortuné roi de Bohême et de l'électrice de Brandebourg, tranchant par voies de fait de souverain de Sedan et de Bouillon par l'argent, la

1 . Au-dessus de ny, il a écrit en interligne : ny ailleurs, puis Ta biffé.

2. Ainsi écrit ici. — 3. Ci-dessus, p. 191-192 et 195. 4. //., en abrégé, dans le manuscrit.

f>. Voyez ci-après, p. 224, une lettre de leur historiographe Juste).

Page 1