Ce récit nous a été promis dans le tome XIII, p
8. Ce fut la fin de cette période brillante où le jeune Brienne disait (ses Mémoires, tome II, p. 313) : « Le Roi, qui a mis toute la vie une espèce de point d'honneur à n'avoir point de favori, l'aime pourtant (M. de Villeroy), on peut le dire, jusqu'à la foiblesse. »
9. On pourrait presque lire : vidé; mais, probablement, notre auteur eut écrit : vuidé.
Guiscard, sans lettre de service,
lettres de service'
le Roi ne lui disoit pas un mot. Mme de Maintenon en eut pitié; mais ce fut tout jusqu'au temps où elle crut en avoir affaire. 11 la voyoit pourtant chez elle, quand il venoit à Versailles; cette petite distinction le soutenoit à ras de terre 1 .
Il n'est pas temps de s'étendre davantage sur ce roi de théâtre. Il eut un autre dégoût. Guiscard étoit son protégé ; il étoit beau-frère de Langlée, qui ne bougeoit à la cour de retiré chez lui, chez Monsieur le Grand, et de2 chez qui le maréchal de seul „
. . , . , sans nouvelles
villeroy et la meilleure compagnie étoit tous les jours, a Paris, en fêtes et au plus gros jeu du monde3. Par le changement de général il fallut à tous les officiers généraux de nouvelles lettres de service. Guiscard, premier lieutenant général de l'armée de Flandres, fut le seul qui n'en eut point4 : on prétendoit que la tête lui avoit tourné à
I . Mme de Maintenon « mourait de peur » à l'idée d'une entrevue avec son malheureux ami. Elle n'entendit pas la conversation qui eut lieu chez elle; mais le Roi lui amena ensuite le maréchal, qui lui demanda de le recevoir à Saint-Cyr ,1c 7 août, et elle le trouva fort aigri contre tout le monde. Mme des Ursins, à qui elle rendait compte de tout, l'encouragea à ramener l'opinion publique en faveur de cet « honnête homme ». « Je mépriscrois, lui écrivait-elle, si j'étois en sa place, toutes les cabales des courtisans; on ne sauroit lui faire un crime de son malheur.... Qui vous empêche de voir M. le maréchal de Villeroy, étant en quartier? Rien ne seroit plus propre qu'une conversation aussi charmante que la vôtre pour lui ôter sa tristesse, que les courtisans lui reprochent aussi bien que sa gaieté. » Le 20 septembre, Mme de Maintenon annonça, tout affligée, que la guerre était déclarée entre le maréchal et le ministre, sans apparence qu'on pût apaiser un conflit aussi peu convenable. (Lettres de Mme fie Maintenon et de Mme des Ursins, recueil Bossange, tomes I, p. 20, 24, 25 et 42, et III, j). 280, 337 et 317; Geffroj, Mme de Maintenon d'après sa correspondance, tome II, p. 100 et 103.)