Ils est en interligne
2. Cependant c'est sous l'inspiration des deux frères qu'avaient paru les publications de Christophe Justel dont il a été parlé ci-dessus, p. 236, note 4. La filiation était tout établie depuis un demi-siècle; Baluze et les nouveaux documents ne firent que confirmer et justifier sur certains points, modifier en certains autres l'œuvre de Justel et de quelques généalogistes venus depuis lui. Voyez ci-après, p. 534-537.
3. Si délicate, si exposée à la critique des jaloux : ci-dessus, p. 186.
4. Jean Mabillon, religieux de la congrégation de Saint-Maur, né à Saint-Pierremont, près de Vouziers, en 1632, venu à Paris en 1667, seconda son maître dom Luc d'Achery pour la rédaction du Spicilegium, fut chargé par Colbert d'aller recueillir des documents en Allemagne, alla également en Italie, en 1689, aux frais du Roi, mais ne voyagea plus depuis que pour l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, tout entier à ses célèbres ouvrages sur l'ordre de Saint-Benoit, la liturgie, la diploma-
son opinion par les autres. Avec de tels suffrages, que ce dernier couronnoit, le cardinal de Bouillon ne feignit plus1 de parler à l'oreille de ses amis de sa précieuse découverte, et surtout de bien 2 étaler tout ce qu'il avoit fait et toutes les précautions qu'il avoit prises pour n'y être pas trompé. Par ce récit, il comptoit d'en constater entièrement la vérité; et, de ses amis, la nouvelle en gagna d'autres, et bientôt la ville et la cour, comme il se l'étoit bien proposé. Chacun lui fit des compliments d'une si heureuse découverte, la plupart pour se divertir de la mine qu'il leur feroit : ce fut un chaos, plutôt qu'un mélange de la vanité la plus outrée et de la modestie la plus affectée, et d'une joie immodérée qui éclatoit malgré lui. Il falloit, pour la vraisemblance, garder quelque interstice entre la publication de cette découverte et celle de Y Histoire cï Auvergne2 !, pour en rompre la cadence autant qu'il se pourroit aux yeux du public. Le malheur voulut que de Bar4, ce va-nu- De Bar
tique, les études monastiques, les documents des temps primitifs. En juillet 1701, le Roi le fit entrer comme honoraire à l'Académie des inscriptions. Il mourut à l'Abbaye, le 27 décembre 1707. On a son éloge clans le tome I de Y Histoire de V Académie, p. 355-368, sa Vie par dom Ruinait (1709), par Chavin de' Malon (1843), par M. Henri Jadart (1878), par le prince Emmanuel de Broglie (1888). Notre auteur, qui ne reparlera plus de l'illustre religieux, ne possédait de lui, dans sa bibliothèque, que le traité De la sainteté et des devoirs de la vie monastique (1683) et celui des Études monastiques (1691), avec la réponse de l'abbé de Rancé. On verra ci-après, p. 538-539, comment Mabillon et son confrère dom Thierry Ruinart furent adjoints à Raluze pour attester l'authenticité des documents produits en 1695. 1. Ci-dessus, p. 164. — 2. De bien surcharge d'en.
3. Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, justifiée par chartes, titres, histoires anciennes, etc., en deux volumes in-folio, chez A. Dezallier, 1708. Un exemplaire figure dans le catalogue de la bibliothèque de notre auteur, n° 995. Dans l'appendice VIII, je dirai brièvement ce qui s'était passé entre la production des documents suspects en 1695 et la mise au jour, treize ans plus tard, de l'ouvrage de Baluzc.
4. Jean-Pierre de Bar, ancien auxiliaire du généalogiste du Bouchet, et qui, depuis la mort de celui-ci, avait été gouverneur d'un fils Caumartin et travaillait pour d'Hozier aux preuves des demoiselles de
arrêté pieds * qui avoit, fdisoit-on, déterré ce cartulaire, et qui
pour faussetés, rayoit présenté au cardinal de Bouillon2, fut arrêté dam
cet intervalle et mis en prison pour faussetés par ordre de la Chambre de l'Arsenal 3. Cet événement fit quelque bruit, qui intrigua les Bouillons, mais qui4 rendit leur cartulaire fort suspect et fit mettre force lunettes pour l'examiner. Des savants sans liaison avec les Bouillons le contestèrent, et tant fut procédé, que de Bar, arrêté pour d'autres faussetés, fut poussé sur celle-ci. La Reynie, si redoutable aux vrais criminels par ses lumières et sa capacité, et par l'expérience des prisonniers de la Bastille et de Vincennes dans sa charge de lieutenant de police si longtemps mais si intègrement exercée, et en5 magistrat des anciens temps, présidoit en chef à la Chambre de l'Arsenal6, et fit subir à de Bar divers interrogatoires sur le cartulaire de Brioude7. 11 se défendit le mieux qu'il put; mais il laissa échapper des choses délicates qui le firent resserrer et presser de nouveau. Bouillons Alors l'alarme se mit dans la maison de Bouillon, prête à8
sollicitent*
Saint-Cyr, ainsi que pour le chapitre de Brioude et pour divers particuliers. Voyez ci-après, p. 537-538.