‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 279 sur 610 · Il a corrigé 80 en 85, comme ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Il a corrigé 80 en 85, comme ci-dessus, p

5. La prière « que Jésus-Christ a dictée et composée pour notre usage, pour nous être la formule ou le modèle de toute prière » (La Bruyère, tome II, p. 593, 4e dialogue sur le Quiétisme).

6. On trouve assez souvent cette forme abrégée de la locution interrogative qui est-ce qui.

7. Madame, dans une lettre du 24 avril 1696 (recueil Jaeglé, tome I, p. 128), a rapporté tout autrement la scène : « L'histoire que vous me racontez me rappelle celle du comte de Gramont. Quand, il y a deux ans, il était à la mort, on lui lut la Passion. De sa vie il ne l'avait entendue en français; aussi ne la connaissait-il pas. Quand on arriva à l'endroit où les apôtres abandonnent N.-S. Jésus-Christ, le comte de Gramont se mit à pleurer et dit : « Ah! les traîtres! Mais « aussi pourquoi prenait-il des marauds pour le suivre, et des com- « munes gens comme des pêcheurs? Que ne se faisait-il suivre par

pas la moindre teinture d'aucune religion1. De ses dits et de ses faits2, on en feroit des volumes, mais qui seroient déplorables, si on en retranchoit l'effronterie, les saillies, et souvent la noirceur. Avec tous ces vices sans mélange d'aucun vestige de vertu, il avoit débellé3 la cour et la

« des gentilshommes gascons? Ils ne l'auraient jamais trahi ni aban- « donné. » Puis il appela sa femme, et lui dit : « Comtesse, tout ce * qu'on vient de me lire là, cela est-il bien vrai? » La comtesse de Gramont me l'a raconté elle-même, et j'ai demandé au comte si c'était vrai : il en convint. >> Ailleurs, on trouve cet autre mot : « Le Pater est beau, belle comtesse; mais vous m'avouerez que Y Ave est un peu ginguet. » La correspondance de Fénelon avec la comtesse, qu'il dirigeait très pieusement, prouve (tome VI, p. 257*261) que cette conversion du mari eut lieu dans une grave maladie de 1692 (Sourches, tome IV, p. 136 et 146), non dans celle de 1706-1707, et que Gramont ne craignit pas ensuite, à Marly même (Correspondance de Fénelon, tome VI, p. 277), de se déclarer pour Fénelon disgracié. D'autre part, notre auteur a déjà cité une autre naïveté sur l'origine du Pater en la mettant au compte du baron de Breteuil (tome VI, p. 42), tandis que la Bruyère, dans une lettre antérieure à la maladie de Philibert de Gramont, l'attribue à le Nostre (notre tome VII, p. 192, note S). Quelle que soit la version authentique, cela rappelle l'anecdote qui se lit dans la correspondance de Mathieu Marais, tome III, p. 590-592, du joueur Maurin qui n'avait jamais connu autre chose que les cartes.

1. Au contraire, Mme de Gramont, élevée à Port-Royal, était restée fidèle aux doctrines de la maison et ne craignait pas, nous l'avons vu, de les professer publiquement et d'en prendre la défense. Aussi est-ce par une double malice, sur la dévotion de la comtesse et sur le libertinage ou l'ignorance de son mari, que le Roi chargea un jour ce dernier, jadis homme d'Église, ou tout au moins bénéficier, de lire le livre de Jansénius et de vérifier si les cinq propositions s'y trouvaient bien réellement : à quoi Gramont répondit que, si elles y étaient, ce ne pouvait être qu'incognito (Sainte-Beuve, Port-Royal, tome II, p. 107-110).

2. On s'étonnera peut-être que notre auteur n'ait pas rappelé ici l'anecdote du coup de pied à Béchameil qu'il a racontée précédemment (tome XI, p. 97).

3. Ce verbe, tiré du latin debellare, a déjà passé dans une Addition (tome XII, p. 506, n° 596). L'Académie de 1718 ne l'admettait pas, ou ne l'admettait plus; mais nous le retrouvons dans les Lettres de Mme de Se vigne, dans le Typhon de Scarron, et, plus tard, dans les Mémoires (tu marquis d'Argenwn, tome I, p. 16. H reviendra encore.

de la Barre.

tenoit en respect et en crainte : aussi se sentit-elle délivrée

d'un fléau que le Roi favorisa et distingua toute sa vie. 11

étoit chevalier de l'Ordre de la promotion de 1G881.

Mort La Barre mourut en ce même temps2, celui dont il a été

tant parlé à propos de l'affaire qu'il eut avec Surville, et

qui perdit ce dernier3.

Mort Mourut aussi4 Mme de Frontenac dans un bel appartement

Frontenac0; °lue Ie ^eu ^uc ^u Lude, qui étoit fort galant, lui avoit donné

sa famille, etc. à l'Arsenal étant grand maître de l'artillerie5. Elle avoit été

[Add. S'-S. 717} belle et ne payoit pas ignoré EJle et Mlle d'Outrelaize6,

qu'elle logeoit avec elle, donnoient le ton à la meilleure compagnie de la ville et de la cour sans y aller jamais7. On les appeloit les Divines*. En effet elles exigeoient l'encens

4. Les Mémoires de Sourches, tome H, p. 290, note 5, racontent comment il y fut compris. Ses preuves, remontant jusqu'à 4348, sont au Cabinet des titres, dossier bleu n° 3522.

2. Le 4 février, selon Dangeau, p. 296; le 6 seulement, selon Sourches, p. 258.

Page 1