Le d de demeura surcharge n[e
8. Le bruit avait couru en 1680 qu'il allait avoir l'archevêché de Bordeaux (Correspondance de Bussy-Rabutin, tome V, p. 120 et 127). En 1678, il avait obtenu du Pape le pallium, qui était fréquemment donné aux évoques d'Autan comme premiers suffragants de Lyon (Gazette, p. 932-933).
9. Sur les relations de Monsieur d'Autun avec le roi et la reine d'Angleterre, on peut voir ses lettres à la supérieure de la Visitation de Chaillot : Arch. nat., K 1302, n°* 202-203, et 1303, nos 65-67.
Jiiii MÉMOIRES [17071
fourrer, à se tortiller1. Monsieur de Jîayeux, Nesmond ■-, les3 courtisoit d'une autre façon : il ne les voyoit guères, leur donnoil dix mille écus tous les ans, et fit si bien, qu'on ne l'a jamais su qu'après sa mort4. Monsieur d'Autun, pour achever par ce dernier trait, avoit une fistule lacrymale5. Peu après la mort du roi d'Angleterre il s'en prétendit miraculeusement guéri par son intercession. Il Talla dire à la reine d'Angleterre, à Mme de Maintenon, au Roi. En effet son œil paroissoit différent; mais, peu de jours après, il reprit sa forme ordinaire, la fistule ne se put cacher6 : il en fut si honteux, qu'il s'enfuit dans son diocèse, et qu'il n'a presque point paru depuis7. Les restes de son crédit et
1. Nous avons eu déjà (tome XI, p. 297) tortiller mie idée et tortillage (tome VI, p. 320); notre auteur prend se tortiller dans son Addition, et nous aurons, dans le prochain volume, se tortiller en prétentions.
2. François-Théodore de Nesmond, second fds du premier président, né le 1er septembre 4629, d'abord prieur de la Voulte, abbé de Mauléon (1646) et de Chézy (1647), reçut l'évêché de Baveux au mois de mars 1661, et mourut, doyen des évoques de France et des docteurs de Sorbonne, le 16 juin 1715.
3. Les corrige la, ou plutôt le, et il en est de même à la ligne suivante, pour le les qui précède voyoit.
4. Saint-Simon racontera cette générosité avec plus de détails en 1715, lors de la mort de l'évêque.
5. Il écrit lachrymale, comme alors le Dictionnaire de V Académie.
6. Nous avons déjà reproduit dans notre tome IX, p. 442, une lettre du cardinal de Bouillon à M. de Roquette sur cette guérison miraculeuse, en citant les articles de la Gazette de Rotterdam qui lavaient annoncée. La Gazette d'Amsterdam de 1701 en donna aussi la nouvelle (Extraord. xci), et Ton trouve dans le carton L 728 des Archives nationales, n° 1, un « Mémoire de la guérison miraculeuse d'une fistule lacrymale qu'avoit M. de la Roquette, évèque d'Autun, » daté du 7 novembre 1701. Comparez le livre de M. Pignot, tome II, p. 506-509.
7. Il semble que les dires de Saint-Simon sur le caractère de l'évêque d'Autun, s'ils sont exagérés, contiennent néanmoins un fond de vérité, et les appréciations élogieuses ne se trouvent que dans l'article nécrologique du Mercure (avril 1707, p. 216-224) ou dans une note de Y Histoire des princes de Condé par Mgr le duc d'Aumale, tome VII. p. 250, qui est, sur cela, en contradiction avec feu M. Allaire i Lu Bruyère dans la maison de Condé, tome II, p. 347-328). Roquette avait
de ses manèges trompèrent vilainement l'abbé Roquette son neveu1, qui étoit fourré dans le grand monde, qui prêchoit, et qui avoit passé sa vie avec lui2. 11 obtint sa coadjutorerie pour un autre neveu3, et l'abbé Roquette, avec ses
eu de grands succès comme prédicateur et avait prononcé les oraisons funèbres du duc de Candalle (1659), de la reine Anne d'Autriche (4666), de la princesse de Conti Martinozzi (1674), de Mme de Longueville (1680) ; mais on prétendait que ses sermons n'étaient pas de lui (Musc historique de Lorct, tome II, p. 99 et 439; Gazette de 1659, p. 191 et 882, et de 1666, p. 47 et 219; Mémoires de Mme de Motteville, tome IV, p. 103; Lettres de Mme de Sévigné, tome VI, p. 352-353; Correspondance de Bussy-Rabutin, tome V, p. 103 et 107; Lettres de Duguet, tome VII, p. 178-192; notice du P. Léonard : Arch. nat., L 728, n° 1). Il avait fait construire à Autun, avec l'aide du Roi (Arch. nat., Xu8666, fol. 184 v°, et 8685, fol. 10; G7 989, placet de 1686; Joseph Rosny, Histoire de la ville aV Autun, p. 264-265), un magnifique petit séminaire, dont le fronton porte encore ses armes, avec des vers latins de Santeul, mais qui est maintenant une école d'enfants de troupe. Le jardin fut dessiné par le Nostre.
1. Henri-Emmanuel de Roquette, docteur de Sorbonne, abbé de Saint-Gildas-dc-Ruis depuis le mois de juin 1681, abbé de Gimont en mars 1693, député à l'assemblée du clergé en 1701, élu à l'Académie française le 12 décembre 1720, mourut à Paris le 4 mars 1725.
2. Cet abbé prêcha plusieurs fois devant le Roi (Dangeau, tome II, p. 130 et 369; Sourches, tome III, p. 69), et prononça, en 1702, l'oraison funèbre de Jacques II (notre tome IX, p. 294, note 2). En 1695 aussi, il avait adressé au Roi une éloquente harangue sur la misère de la Bourgogne, dont il était député (Dangeau, tome V, p. 283), et c'est lui qui assista Santeul mourant, en 1697. De même que son oncle, il était en relations avec la cour de Saint-Germain et l.s Visitandines de Chaillot (K 1302, n° 204). D'Alembert a fait son ('•loge comme académicien (Histoire des membres de V Académie française, tome IV, p. 347-376). — Un autre abbé de Roquette, petitaeveu de l'évèque, se distingua, en 1742, par sa propagande anticonstitutionnaire, et eut six mois de Bastille.
3. Bernard de Senaux, lils d'une sœur de l'évèque et d'un conseiller au parlement de Toulouse, était depuis longtemps grand chantre cl grand vicaire, mais non coadjuteur d' Autun. Le Roi venait de lui donner l'évèché de Saintes, en juin 1702, lorsque la démission de son oncle en sa faveur, 22 juillet 1702, lui procura l'autre (Dangeau, tome VIII, p. 426 et 459; Sourches, tome Vil, p. 288 et 331). H mourut au commencement de mai 1709, âgé de soixante-deux ans.
à la cour Comédies
sermons, son intrigue, ses cheveux blancs et tant d'espérance, n'a pu parvenir à l'épiscopat1; il a fini chez Mme la princesse de Conti fille de Monsieur le Prince2, dont il se lit :t umônier, et son frère son écuyer3. Bals II y eut tout l'hiver force bals à Marly4. Le Roi n'en
donna point à Versailles; mais Mme la duchesse de Bouri Sceaux gogne alla à plusieurs chez Madame la Duchesse, chez la et à ciagny. maréchale de Noailles et chez d'autres personnes, la plupart en masque5. Elle y fut aussi chez Mme du Maine0, qui se mit de plus en plus à jouer des comédies avec ses domestiques et quelques anciens comédiens \ Toute la cour y alloit; on ne comprenoit pas la folie de la fatigue de s'habiller en comédienne, d'apprendre et de déclamer les plus grands rôles, et de se donner en spectacle public sur un théâtre. M. du Maine, qui n'osoit la contredire de peur que la tête ne lui tournât tout à fait8, comme il s'en expliqua une fois nettement à Madame la Princesse en présence de Mme de Saint-Simon9, étoit au coin d'une
1. Ci-après, Additions et corrections. A la suite de la nomination de M. de Senaux, il y eut, entre l'abbé de Roquette et son oncle, une brouille passagère, dont nous trouvons l'écho dans les lettres du vieil évêque à la supérieure de Chaillot (Arch. nat., K 1303, n° 65 et 66).