‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 315 sur 610 · Avant que, Saint-Simon a biffé el · texte numérisé non relu

Avant que, Saint-Simon a biffé el

5. Avant cet ilt le manuscrit porte l'abréviation de que, biffée.

troit par morceaux, s'avantageant du commencement, qu'il ajustoit à sa mode, sur ce qu'il s'y1 prétendoit piqué d'honneur, incité vivement aux partis vigoureux ; mais il se gardent bien d'en montrer le reste, qui faisoit voir si clairement que cette vigueur ne lui étoit ni prescrite ni conseillée qu'au cas que les ennemis entreprissent de troubler le siège de Lewe, bien moins de leur prêter le collet2 sans cette raison, et encore3 sans avoir reçu le renfort du maréchal de Marcin. La seconde lettre du Roi ne consistoit qu'en raisonnements de troupes, revenant en deux mots au projet susdit, qu'elle confirmoit tel qu'il vient d'être exposé4. La lettre du maréchal de Villeroy étoit datée de la veille de la bataille5. Elle contenoit le détail de sa marche et de celle des ennemis, ne parloit d'aucun dessein de les combattre, et finissoit en marquant seulement que, s' ils s approchaient si fort de lui, il auroit peine à se contenir6. Ce mot ne marquoil rien moins qu'un dessein formé de combattre ; il montroit seulement une excuse prématurée de ce qui pouvoit arriver, bien éloignée de l'exécution d'un ordre qu'il prétendoit l'avoir dû piquer d'honneur. Ainsi, bien loin d'avoir reçu celui 7 de donner bataille dans le temps et dans la circonstance qu'il livra celle de Ramillies, quelque victoire qu'il y eût remportée ne l'eût pas dû garantir du blâme d'avoir hasardé le projet du siège par un événement douteux, et de n'avoir attendu ni l'occasion seule où la bataille lui étoit prescrite, ni le renfort qui le devoit joindre, sans lequel il

•1. S'y a été ajouté en interligne.

"2. Expression qui a déjà passé dans notre tome XII, p. 199.

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