Déjà dit, en mêmes termes, dans notre tome X, p
avec du monde familier autour de lui, comme il avoit necoutume. Dès cju'il me vit, il me pria de m'approcher de lui, el me dit qu'il alloit me tenir parole. Là-dessus il me donna la clef de son bureau, me dit où je trouYerois le* dépêches dont il m'avoit parlé, et me pria de passer dans son cabinet et de les lire avec attention. J'en trouvai trois : deux minutes du Roi au maréchal, et une du maréchal au Roi, celle-là1 en original et signée de lui. La première du Roi portoit2 : « Que la prudence et la circonspection trop grande dont les généraux de ses armées avoient usé depuis quelque temps en Flandres avoient enflé le courage à ses ennemis, et leur avoient laissé croire qu'on craignoit de se commettre avec eux; qu'il étoit temps de les faire apercevoir du contraire, et de leur montrer de la vigueur et de la résolution; que, pour cela, il avoit mandé au maréchal de Marcin de se mettre en marche de l'Alsace avec le détachement de l'armée du maréchal de Villars (qui étoit là détaillé) et de le joindre; qu'il lui ordonnoit de l'attendre, et, après leur jonction, d'aller ensemble faire le siège de Lewe, de telle sorte qu'il fût îormé des troupes de Marcin, et, si elles ne suffisoient pas, d'un détachement des siennes, le tout commandé par le maréchal de Marcin, tandis qu'avec les siennes il3 (le maréchal de Yilleroy) observeroit les ennemis; que4, pour peu qu'ils fissent mine de s'approcher trop du siège, il ne les marchandât pas, et que, s'il ne se trouvoit pas assez fort pour les combattre, il5 ne laissât au siège que le nécessaire, et qu'avec le reste il donnât bataille. » Voilà exactement le contenu de cette première lettre que le maréchal mon-