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2. Notamment MM. de Bezons, de Médavv, du Bourg et d'Alègre, lieutenants généraux de la même promotion que le duc de Villeroy, et qui devinrent maréchaux de France, le premier dès 1709, les autres en 1724. M. de la Feuillade, fait aussi maréchal dans cette dernière année, n'était lieutenant général que depuis 1704.
3. Ci-dessus, p. 247. Le 5 décembre 1706, Mme de Maintenon écrivait à la princesse des Ursins (recueil Bossange, tome I, p. 6Q) : « Le pauvre M. de Chamillart.... est bien véritablement malheureux, et par le poids dont il est chargé, et par les chagrins domestiques.... M. Chamillart n'a point un cœur de ministre; il est tendre, sensible, et le meilleur homme du monde.... »
4. Nous avons déjà eu, au figuré, la locution tournoiement de tête (tome XII, p. 200, et ci-dessus, p. 88). C'était la seule que reconnût le Dictionnaire de V Académie, où l'on ne trouve celle de tournement ni au propre, ni au figuré, bien que le mot, et même l'expression tournemenl de tête, fussent dès 1632 dans le Cotgrave français-anglais, et se retrouvent plus tard dans le Dictionnaire de Trévoux. Nous aurons encore, douze lignes [dus bas, tournemeni de Irte. au sens propre.
5. En 1708, Lorsque Chamillart se sera enfin déchargé des financés sur Desmaretz, le Mercure de février, p. 321-336, donnera une explication détaillée de son double fardeau.
finance el la guerre tjui l'avoient si longuement fatigua du temps de MM. Colberl <4 de Louvois, ne put se résoudre à décharger Ghamillart des finances1. Il fit donc de nécessité vertu; mais, à la fin, la machine succomba : il lui prit des vapeurs, des éblouissements, des tournements de tête*; tout s'y portoit, il ne digéroit plus, il maigrit à vue d'a-il ;. Toutefois il falloit que la roue marchât sans interruption, et, dans ces emplois, il n'y avoit que lui qui pût la faire tourner. Il écrivit au Roi une lettre pathétique pour être déchargé : il ne lui dissimula rien de la triste situation de ses affaires et de l'impossibilité où leur difficulté le mettoit d'y remédier, faute de temps et de santé; il le faisoit souvenir de plusieurs temps et de plusieurs occasions où il les lui avoit exposées au vrai par des états abrégés, il le pressoit par les cas 4 urgents et multipliés 5 qui se précipitoient les uns sur les autres, et qui, chacun, demandoient un travail long, approfondi, continu, assidu, auquel, quand sa santé le lui permettroit, la multitude de ses occupations, toutes indispensables, ne lui laissoit pas une heure à s'y appliquer. 11 finissoitque ce seroit bien mal répondre à ses bontés et à sa confiance, s'il ne lui disoit franche-
i. L'abbé Esnault a publié (Michel Chamillart, tome II, p. 154-164)
une lettre du ministre datée du 22 septembre 1707, qui montre combien Chamillart était désespéré de l'état des finances. « Je commence, disait-il, à travailler à l'impossible; Dieu me donne assez de lumières pour en faire quelque chose! » Aussi est-il étonnant que cet homme de finance ne cherchât pas à se débarrasser du détail de la guerre. Mme des Ursins l'en plaisanta lui-même dans une lettre du 22 mai 1707 (recueil Geffroy, p. 305). On trouvera ci-après, appendice X, une lettre de M. de Vendôme sur le même sujet, et la réponse du ministre.
2. « M. de Chamillart est incommodé depuis quelques jours de vapeurs, qui ne l'empêchent pourtant pas de travailler » (Dangeau, p. 317).
3. « Il n'avoit, comme il l'avouoit lui-même, le temps ni d'être malade, ni de se bien porter » (Mémoires de Sourches, tome VIII, p. 341, note), imitant en cela l'exemple du Roi, qui, malade ou goutteux, et même à la suite d'opérations chirurgicales, présidait le Conseil de dedans son lit (notre tome VII, p. 437).
4. Par l'exemple des cas. — 5. Multipliées corrigé au masculin.
ment que tout alloit périr, s'il n'y apportoit ce remède. Il écrivoit toujours au Roi à mi-marge, et le Roi apostiiloit à côté, de sa main, et lui renvoyoit ainsi ses lettres. Chamillart me montra celle-là après qu'elle lui fut revenue ; j 'y vis avec grande surprise cette fin de la courte apostille de la main du Roi : Hé bien! nous périrons ensemble1. Chamillart en fut également comblé et désolé; mais cela ne lui rendit pas les forces2. Il manqua des conseils, et surtout il se dispensa de ceux de dépêches, lorsqu'il pouvoit éviter d'y rapporter; ou, s'il y avoit des affaires, le Roi lui donnoit d'abord la parole, qui d'ailleurs va par ancienneté entre les secrétaires d'Etat, et, dès qu'il avoit fait, il s'en alloit3. La raison étoit qu'il ne pouvoit demeurer debout, et qu'au conseil des dépèches, tous les secrétaires d'Etat, même ministres, demeurent toujours debout tant qu'il dure4. 11 n'y a que les princes qui en sont, c'està-dire Monseigneur, Mgr le duc de Bourgogne, Monsieur lorsqu'il vivoit, le Chancelier5, et, s'il y a des ducs, comme M. de Beauvillier, qui en étoit6, assis. Aux autres conseils, tous ceux qui en sont s'asseoient, excepté s'il y entre, comme il arrive quelquefois, des maîtres des requêtes qui viennent rapporter quelque procès au conseil de finances, où ils ne s'asseoient jamais, et y entrent en ces occasions avec les conseillers d'Etat du bureau où le même maître des requêtes avoit auparavant rapporté la même affaire. Alors les conseillers d'État de ce bureau opinent immédiatement après lui, assis, et coupent par ancienneté de conseillers d'Etat les ministres, les secrétaires d'État et le
Personnes
assises et debout
aux
conseils.
[Adcl S'-S. 722