‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 337 sur 610 · M Ê MOIU B S · texte numérisé non relu

M Ê MOIU B S

vérifia souvent avec toute l'exactitude et la justesse qu'il y put apporter, et il excellent en ces (U>u\ qualités. Enfin il se convainquit que les terres étoient le seul bien solide, et il se mit à travailler à un nouveau système. 11 étoit bien avancé, lorsqu'il parut divers petits livres du sieur de Boisguilbert, lieutenant général au siège de Rouen1, homme de beaucoup d'esprit de détail et de travail, frère d'un conseiller au parlement de Normandie2, qui3, de longue main touché des mêmes vues que Vauban, y travailloit aussi depuis longtemps. Il y avoit déjà fait du progrès avant que le Chancelier4 eût5 quitté les finances6. 11 vint exprès le trouver, et, comme son esprit vif avoit du singulier, il lui demanda de l'écouter avec patience, et, tout de suite, lui dit que d'abord il le prendroit pour un fou, qu'ensuite il verroit qu'il méritoit attention, et qu'à la fin, il demeureroit content de son système. Pontchartrain, rebuté de tant de donneurs d'avis qui lui avoient passé par les mains, et qui étoit tout salpêtre7, se mit à rire, lui répondit brus-

Provence dont le colonel de Rochas a donné des fragments, en 1875, dans le Bulletin de la Société de statistique de Vlsère, p. 284-289, les mémoires sur la Révocation et sur Paris publiés depuis longtemps, un questionnaire sur les Flandres, et un aperçu des Pensées et mémoires politiques, inséré en 1882 dans le Journal des économistes, par le colonel de Rochas, qui prépare un recueil de la correspondance complète du maréchal.

1. Pierre le Pesant de Boisguilbert : ci-après, appendice XII.

2. Nicolas le Pesant, aussi seigneur de Boisguilbert, frère puiné de Pierre, baptisé à Rouen le 22 mars 1647, pourvu d'un office de conseillerai! parlement de Rouen le 25 avril 1675, en exerça les fonctions pendant soixante-deux ans, et mourut doyen de la grand'chambre en 1737. H était un des douze capitaines de la milice bourgeoise. Notre auteur dira plus loin comment il connut les deux frères.

3. Ce qui ne se rapporte pas au second Boisguilbert, mais au premier.

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