‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 339 sur 610 · Il s'en fallait du tout au tout, on va le voir · texte numérisé non relu

Il s'en fallait du tout au tout, on va le voir

6. Déjà, en 1687, les ministres de Louis XIV avaient chargé des commissaires d'aller étudier dans les provinces le moyen d'empêcher des exactions si ruineuses, et, notamment de substituer à la gabelle

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d'accord sur ces1 suppressions, passoit jusqu'à celle des impôts mêmes : il prétendoit n'en laisser qu'un unique, et, avec cette simplification, remplir également leurs vues communes sans tomber en aucun inconvénient. 11 avoit l'avantage sur Boisguilbert de tout ce qu'il avoit examiné, pesé, comparé et calculé lui-même, en ses divers voyages, depuis vingt ans, de ce qu'il avoit tiré du travail de ceux que, dans le même esprit, il avoit envoyés depuis plusieurs années en diverses provinces2, toutes choses que Boisguilbert, sédentaire à Rouen, n'a voit pu se proposer, et l'avantage encore de se rectifier par les lumières et les ouvrages de celui-ci : par quoi il avoit raison de se flatter de le surpasser en exactitude et en justesse3, base fondaun débit du sel par voie directe (Dangeau, tome II, p. 40-41 ; Sourches, tome II, p. 44). Vingt-cinq ans plus tard, en 1712, notre auteur, presque à la première page de ses Projets de gouvernement résolus par Mgr le duc de Bourgogne (éd. Mesnard, p. 3), disait : « Le malheur des peuples accablés par toutes sortes d'impôts, la manière de les lever, s'il se peut, encore plus dure, les sommes immenses qui, de ces levées, n'entroient point dans les coffres du Roi, le prodigieux nombre d'hommes employés tant à la perception des deniers qu'à veiller aux fraudes des droits, les vexations que ce peuple de maltôtiers exerce, l'insolence et les richesses de leurs supérieurs, et la diminution incroyable d'ouvriers de toute espèce causée par cette armée d'employés, fut le premier objet qui attira les réflexions de ce prince.... » Suivait une comparaison avec le système de perception de l'Angleterre et de la Hollande, où l'on ne connaissait « ni fermiers généraux, ni rien de tout ce qui forme le formidable corps de finance. » Dans un livre sur Boisguilbert intitulé : VÉconomie politique avant les Physiocrates (1868), feu J.-E. Horn a résumé (p. 320-322) la comparaison que Boisguilbert faisait avec la situation de ces deux États, toute à leur avantage.

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