Le comte d'Aubeterre : ci-dessus, p
7. On trouvera ci-après, aux Additions et corrections, la note sur les commis principaux.
lui valut bien de l'argent, qu'il fricassa en panier percé qu'il étoit. Ses bas manèges le firent chevalier de l'Ordre en 1724; son mérite ne l'y auroit pas porté. Pour sa naissance, il n'y avoit rien à dire, surtout dans une pareille promotion1. Le plus triste état que j'aie guères connu étoit celui d'être sa femme"2 ou son fils3. Leur nom n'est point Aubeterre, c'est Esparbès4. Le maréchal d'Aubeterre, mort en 1628 et maréchal de France en 16205, étoit gouverneur de Blaye6; il épousa la fille unique et héritière de David Bouchard, vicomte d'Aubeterre7, chevalier du Saint-Esprit,
1 . Notre auteur ne manque jamais de protester contre cette promotion.
2. J.ulie-Michelle de Sainte-Maure, tille du comte de Jonzac, et de Suzanne Catelan, mariée en août 1678 (Mercure de septembre, p. 237), morte le 6 octobre 1726, à soixante-cinq ans. Son grand-père, Léon de Sainte-Maure, avait épousé une fille du maréchal d'Aubeterre, tante de son mari.
3. Louis-Pierre-Joseph, dit le comte de Jonzac, mousquetaire en 1708, aide de camp de son père, puis capitaine de cavalerie en 1709, entra dans la gendarmerie en 1711, eut en 1713 la compagnie du Dauphin, en 1714 la lieutenance générale de Saintonge et Angoumois, en 1734 le grade de brigadier, et celui de maréchal de camp en 1738, se démit de sa province en 1747, et mourut le 3 juin 1750, à cinquante-neuf ans (Chronologie militaire, tome VII, p. 149-150).
4. Il écrit : Esparbéz. C'est le nom d'une terre du pays d'Armagnac (dép. Gers, arr. Lectoure), tandis que le château d'Aubeterre, dont il reste encore quelques ruines, était en Angoumois.
5. François d'Esparbès de Lussan, vicomte d'Aubeterre, fidèle serviteur d'Henri IV, qui le fit gouverneur de Blaye en 1590, devint, sous la régence suivante, sénéchal et gouverneur d'Agcnois et de Condomois (1612), se déclara du parti de la Reine mère et abandonna Blaye pour le bâton de maréchal de France (18 septembre 1620), servit sous Mayenne en 1621, fut nommé chevalier du Saint-Esprit en 1622, mais mourut avant d'avoir été reçu, dans le mois de janvier 1628. 11 y a eu un autre maréchal du même nom sous Louis XVI.
6. L' Histoire généalogique a imprimé, par erreur : Mois. Saint-Simon corrige, comme étant un des successeurs médiats du maréchal.
7. David Bouchard, vicomte d'Aubeterre, de qui Brantôme a parlé beaucoup comme mari de sa nièce Renée de Bourdeille, était né à Genève dans la religion réformée, mais abjura en rentrant en Fiance. Son beau-père avait résigné en sa faveur la charge de sénéchal et gouverneur de Périgord en 1582; il reçut le collier des ordres à la
Beringhen,
premier
écuyer, enlève
entre Paris
et
Versailles
par un parti
gouverneur de Périgord1, dont leurs enfants2 prirent le nom et les armes, mais sans quitter les leurs3. Le chevalier d'Aubeterre dont je viens de dire la mort étoit le cinquième fils de ce mariage, dont le second fils4 fut père du chevalier de l'Ordre duquel aussi je viens de parler. 11 commença extrêmement tard à servir5.
Un événement aussi étrange que singulier mit le Roi fort en peine, et toute la cour et la ville en rumeur. Le jeudi 7 mars6, Beringhen, premier écuyer du Roi, l'ayant suivi à sa promenade à Marly et en étant revenu à sa suite à Versailles, en partit à sept heures du soir pour aller coupromotion du 31 décembre 1585. D'abord ligueur et adversaire acharné du duc d'Épernon, il se rallia ensuite à Henri IV, mais fut blessé au siège de l'Isle, en Périgord, en juillet 1393, et mourut le 10 août. Saint-Simon a fait sa notice dans les Chevaliers du Saint-Esprit (vol. France 189, fol. 78). Son héritière, Hippolyte, vicomtesse d'Aubeterre, épousa François d'Esparbès par contrat du 42 avril 1597.
1 . Les sept derniers mots ont été ajoutés en interligne. — Ce gouvernement particulier était exercé par le sénéchal des trois sénéchaussées, sous les ordres du gouverneur général de Guyenne et Gascogne.
2. Ils n'en eurent pas moins de douze, sept fils et cinq filles.
3. Les armes des Esparbès étaient : d'argent à la fasce de gueules, accompagnée de trois merlettes de sable ; celles des Aubeterre : écartelé aux un et quatre de gueules à trois léopards d'or, armés et lampassés d'argent; aux deux et trois, losange d'or et d'azur au chef de gueules. Voyez la notice donnée dans l'Histoire généalogique, tome VII, p. 448- 462, d'après les preuves du maréchal, et une autre généalogie manuscrite conservée aux Archives nationales, carton M 267.
4. François Bouchard d'Esparbès de Lussan, marquis d'Aubeterre, colonel d'un régiment d'infanterie de son nom (20 mars 1635), gouverneur et sénéchal d'Agenois et Condomois (1er février 1650), maréchal de camp le 26 juin de la même année, désigné comme chevalier des ordres par brevet du 27 septembre 1651, lieutenant général le 10 juillet 1652, se démit de son gouvernement en 1657, en faveur d'un de ses frères, et ne servit plus. Il mourut le 28 février 1683, à soixante-quinze ans.
5. Au contraire, tous ces Aubeterre avaient servi dès leur première jeunesse, comme on le voit dans la Chronologie militaire. Le chevalier était lieutenant à quinze ans.
6. Lisez : 24 mars. — Dangeau, p. 324-327; Sourches, p. 279-283.
cher à Paris, seul dans son carrosse, c'est-à-dire un car- ennemi, rosse du Roi, deux valets1 de pied du Roi derrière, et un ®J • ^"^ garçon d attelage portant le flambeau devant lui, sur le septième cheval. Il fut arrêté dans la plaine de Billancourt, entre une ferme qui est sur le chemin2 assez près du bout du pont de Sève3, et un cabaret dit le Point-du-Jour\ Quinze ou seize5 hommes à cheval l'environnèrent et l'emmenèrent. Le cocher tourna bride, et remena le carrosse et les deux valets de pied à Versailles, où, dans l'instant de leur arrivée, le Roi en fut informé6, qui envoya ordre aux quatre secrétaires d'État, à Versailles, à l'Étang et à Paris, où ils étoient7, d'envoyer à l'instant des courriers partout sur les frontières, avertir les gouverneurs de garder les passages sur ce qu'on avoit su qu'un parti ennemi étoit entré en Artois, qu'il n'y avoit commis aucun désordre, et qu'il n'étoit point rentré8. On eut peine d'abord à se persuader