‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 359 sur 610 · Il était aussi un des protégés de M. de Vendôme · texte numérisé non relu

Il était aussi un des protégés de M. de Vendôme

6. Tomes XI, p. 58-61, et XII, p. 413, note 5, et ci-dessus, p. 229.

7. En 1705, on avait parlé de quelque riche héritière de la magistrature ou de la finance, Mlle Bouchu ou Mlle Mascranny (Éd. de Barthélémy, la Marquise d'Huxelles,^. 194; notre tome XII, p. 413, note 5).

8. Marie-Anne Crozat, mariée le 2 avril 1707, à douze ans, morte le 11 juillet 1729, était fille d'Antoine Crozat dont il a été parlé dans

financier, enfin de caissier du clergé1, s'étoit mis aux aventures de la mer et des banques, et passoit avec raison pour un des plus riches hommes de Paris. Mme de Bouillon, qui vint nous en donner part2, nous pria instamment d'aller voir toute la parentèle3 nombreuse et grotesque pour être assimilée aux descendants prétendus des anciens ducs de Guyenne4. Elle nous en donna la liste, et nous fûmes chez tous, que nous trouvâmes engoués de joie. 11 n'y eut que la mère de Mme Grozat5 qui n'en perdit pas le bon sens : elle reçut les visites avec un air fort respectueux, mais tranquille, répondit que c'étoit un honneur si au-dessus d'eux, qu'elle ne savoit comment remercier de la peine qu'on prenoit, et ajouta à tous qu'elle croyoit mieux marquer son

notre tome VI, p. 198, et sur lequel notre auteur reviendra lorsqu'il achètera la charge de trésorier de l'Ordre.

1. Au temps où Pennautier, receveur général du clergé, le prit comme premier commis, puis comme caution.

2. Il fallait agir comme Mme de Maintenon dans l'affaire du mariage Villette : ci-dessus, p. 79, note 5.

S. Parentellc (sic) était donné par le Dictionnaire de V Académie de 1718 comme terme vieilli; cependant on le trouve dans J.-B. Rousseau aussi bien que dans Paul Scarron et dans J. de la Fontaine.

4. Ci-dessus, p. 234. Des généalogistes font du père de Crozat un capitoul de Toulouse; les pamphlétaires, au contraire, prétendaient que ce n'était qu'un cocher marié à la fille d'un riche bedeau parisien :

Crozat joint au comte d'Évreux Ne doit point causer de surprise; On voit du côté de tous deux D'illustres parents dans l'Église :

L'un est doyen des cardinaux, L'autre est le doyen des bedeaux.

Toujours est-il que le duc de Bouillon essaya d'empêcher ce mariage (Arch. nat., R2 75). Une lettre du cardinal à son secrétaire le Fèvre, sur ce mariage, se trouve au Cabinet des manuscrits, ms. Nouv. acq. fr. 6G77, fol. 32.

5. Antoine Crozat avait épousé, le 10 juin 1690, Marguerite le Gendre d'Armény, tille cadette de François, secrétaire du Roi, et de Marguerite le Roux; celle-ci mourut le 11 décembre 1726, à quatre-vingt-huit ans, <>t Mme Crozat, sa tille, le 7 septembre 1742, à soixante-douze ans «lossiors biens 5755 <>f 7855 du Cabinet des titres, vol. 226 et 309).

m MÉMOIRES [1707]

respect en ne retournant point remercier, que d'importuner des personnes si différentes de ce qu'elle étoit, lesquelles ne l'étoient déjà que trop de l'honneur qu'elles lui vouloient bien faire; et n'alla chez personne1. Jamais elle n'approuva ce mariage, dont elle prévit et prédit les promptes suites*. Crozat fit chez lui une superbe noce, et logea et nourrit les mariés3. Mme de Bouillon appeloit cette belle-fille son petit lingot d'or4. Harlay On gémissoit cependant sous le poids des impôts et de

quitte la place l'immensité des billets de monnoie, sur lesquels on perprésident. doit infiniment5. Malgré cet accablement public, celui des nécessités de la guerre avoit entassé un grand nombre de nouveaux édits bursaux6 pendant les vacances du Parle-

1. Et n'alla chez personne a été ajouté en interligne. — Au contraire, la Gazette d'Amsterdam, n° xix, annonça que Mme Crozat était allée chez tous les princes et princesses de la maison.

2. Saint-Simon dira en 4715 que ce mariage devint pour Crozat « le repentir et la douleur de tout le reste de sa vie » (tome XII de 1873, p. 223). Le comte d'Évreux ne témoigna à sa femme que de la froideur, et la délaissa pour la chasse ou pour les maîtresses. Une séparation judiciaire intervint enfin ; il rendit la dot, après l'avoir fait fructifier au temps de Law, et la comtesse retourna chez son père (Mémoires de Mathieu Marais, tome II, p. 345) ; mais la séparation fut cassée.

3. Ce fut dans l'hôtel construit par le financier sur la place de Vendôme qu'eut lieu la « superbe noce, » avec une dépense « prodigieuse. » Crozat donnait à sa fille deux millions d'argent comptant. (Dangeau, p. 286 et 334; Sonrches, tome X, p. 294; Mercure d'avril, p. 187-188; Bertin, les Mariages dans V ancienne société, p. 584-586; Nouveau siècle de Louis XIV, tome IV, p. 335; Chansonnier, ms. Fr. 12 694, p. 55-58 et 325.) Le lendemain du mariage, le noble gendre trouva sur sa toilette un habit à la mode garni de boutons d'or, avec une bague de mille pistoles (lettre de la marquise d'Huxelles,du 8 janvier 1710). Il paya aussitôt cent mille écus au comte d'Auvergne sur sa charge de colonel général de la cavalerie légère, et donna mille écus de pension au chevalier de Bouillon son frère (Gazette d'Amsterdam, n° xxx).

4. Ce mot, qui semble ajouté après coup, est confirmé par Marais. On dit que la duchesse avait reçu un pot-de-vin de cinquante mille livres au moment du mariage (Mélanges d'histoire nobiliaire, 1882, p. 508).

5. Voyez ci-après, appendice XIV, un mémoire sur ces billets.

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