Quitté a été ajouté en interligne
4. Il avait reparu à Saint-Germain, avec cinq hommes qu'il faisait passer pour ses domestiques, disent les Mémoires de Sourches (lomeX, p. 283-284), « changeant souvent de cabaret et s'informant de tous côtés si le roi d'Angleterre montoit souvent à cheval, s'il menoit des gardes avec lui, si Monseigneur couroit tous les jours le loup et s'il étoit bien escorté, si le duc de Vendôme reviendroit bientôt d'Anct et s'il seroit bien accompagné. » Au lendemain de l'affaire de Guethem, cela sembla suspect, et tous furent arrêtés le 26 mars (Dangeau, p. 327; Arch. nat., 0* 51, fol. 66 v°). Le colonel prétendit n'être venu en France que pour solliciter l'appui de M. de Vendôme, et celui-ci chercha à le disculper. Il fut néanmoins gardé en prison; mais on relâcha, dès la fin de mai, trois de ses compagnons. Pour lui, il resta à la Bastille
on procès (•outre son lils.
Mariage
du comte
d'K vieux
avec la lille
de
Crozat.
Dijon1. Le cardinal de Bouillon s'y trouva, les rapatria*, et fit en sorte qu'ils plaidèrent honnêtement. Le père gagna son procès en plein, en fort peu de séjour qu'il fit en Bourgogne, où le cardinal demeura toujours avec eux3.
L'orgueil de cette maison céda immédiatement après au désir des richesses. Le comte d'Évreux4, troisième fils de M. de Bouillon, avoit trouvé dans les grâces du Roi, procurées par M. le comte de Toulouse5, et dans la bourse de ses amis, de quoi se revêtir de la charge de colonel général de la cavalerie du comte d'Auvergne, son oncle6; mais il n'avoit ni de quoi les payer, ni de quoi y vivre, et M. de Bouillon ni le cardinal n'étoient pas en état ou en volonté de lui en donner. Il se résolut donc à sauter le bâton de la mésalliance7, et de faire princesse par la grâce du Roi la fille de Crozat8, qui, de bas commis, puis de petit
jusqu'au 28 novembre 1714, très mal traité, et on ne l'en fit sortir que pour l'expulser du Royaume. Il mourut peu après en Bavière. Son princial confident, qui était devenu fou en prison, y resta jusqu'au 10 septembre 1715 (Ravaisson, Archives de la Bastille, tome XI, p. 372-376; Bibl. Arsenal, dossier 10 578; Dangeau, tome XI, p. 333; Sourches, tome X, p. 292).
1. Nous avons vu que l'affaire était renvoyée devant ce parlement depuis le mois de mars 1700 : tome XIII, p. 316-317.
2. Réconcilier. C'est le seul sens que donnât le Dictionnaire de V Académie de 1718, et Littré a cité des exemples, art. Rapatrier 2°.
3. Dangeau, p. 276, 309, 346-347 et 360. Saint-Simon copie l'article du 18 avril. Le jugement avait été rendu le 15, portant que rien, dans le testament allégué, ne constituait une substitution qui pût enlever au père la libre disposition du patrimoine. Une partie de la correspondance et de la procédure se trouve aux Archives nationales, cartons R2 62 et 63, et des factums imprimés existent dans le ms. Clairambault 915, fol. 240-266, et dans d'autres collections de la Bibliothèque.