Sembloient surcharge dévoroient
3. Ce portrait au physique est la répétition de celui que Saint- Simon a déjà fait en 1693 (tome H, p. 55). Le Chansonnier (ms. Fr. 12 691, p. 253) dit que Harlay portait une barbe grise fort extraordinaire, qui lui faisait au menton un toupet comme la barbe d'un bouc. Coysevox avait sculpté son buste; un autre en marbre, par Bougron, se trouve à la bibliothèque Sainte-Geneviève, et a été reproduit en plâtre et en marbre pour le musée de Versailles, n0' 642 et 2849.
4. Comme le président Rose, qui portait « un rabat presque d'abbé » (tome VIII, p. 383, Addition n° 349). Plus court que celui des gens de robe, le rabat des ecclésiastiques était tout uni, et leur perruque aussi beaucoup plus courte, en vertu d'une prescription spéciale (Mémoires de D. de Cosnac, tome I, p. 395; Lettres de Tessé à la duchesse de Bourgogne, p. 36 ; Quicherat, Histoire du Costume, p. 514 ; Bastard d'Estang, les Parlements de France, tome I, p. 179-181); c'est pourquoi notre auteur a remarqué (ci-dessus, p. 100) que l'électeur de Cologne, avec son costume irrégulier, avait une perruque fort grosse et assez longue. La perruque avait môme été interdite au clergé d'Italie, par Innocent XII, comme un objet de luxe. — Il est parlé de celle de Harlay dans les Lettres de MmeDunoyer : ci-après, Additions et corrections.
cienne et gauloise, et souvent les mots de même; tout son extérieur contraint, gêné, affecté; l'odeur hypocrite1, le maintien faux et cynique, des révérences lentes et profondes; allant toujours rasant les murailles2, avec un air toujours respectueux, mais à travers lequel pétilloient3 l'audace et l'insolence, et des propos toujours composés, à travers lesquels sortoient* toujours l'orgueil de toute espèce et, tant qu'il osoit, le mépris et la dérision4. Les sentences et les maximes étoient son langage ordinaire, même dans les propos communs; toujours laconique, jamais à son aise, ni personne avec lui; beaucoup d'esprit naturel, et fort étendu, beaucoup de pénétration, une grande connoissance du monde, surtout des gens avec qui il avoit affaire, beaucoup de belles-lettres, profond dans la science du droit, et, ce qui malheureusement est devenu si rare, du droit public3, une grande lecture et une grande mémoire, et, avec une lenteur dont il s'étoit fait une étude, une justesse, une promptitude, une vivacité de reparties surprenante, et toujours présente; supérieur aux plus fins procureurs dans la
1. Emploi au figuré du mot odeur fréquent dans les livres saints.
2. Les cinq derniers mots sont en interligne et remplacent et allant rasant les murailles, biffé après respectueux. — On lit dans le recueil d'ana de Gaignières, ms. Nouv. acq. fr. 4529, p. 51 : « M. le duc d'Uzès, voyant M. de la Briffe, nouvellement procureur général (à la place d'Harlay), qui passoit au milieu de la cour de Versailles suivi de quatre laquais et levant le nez, alla à lui et lui dit : « Monsieur, « comme votre serviteur, je suis bien aise de vous dire que ce n'est « pas comme cela que doit marcher un procureur général pour par- « venir. Il faut qu'il aille tout le long des murailles, baissant la tète « et les yeux, comme faisoit votre prédécesseur. »