Tomes III, p. 73, et XIII, p. G
8. La femme, au moins, était une plaideuse expérimentée, comme on le voit dans la correspondance de Mme de Sévigné.
président. Il vint à eux à leur tour : le mari voulut prendre la parole; la femme la lui coupa, et se mit à expliquer son affaire. Le premier président écouta quelque temps; puis, l'interrompant : « Monsieur, dit-il au mari, est-ce là Madame votre femme? — Oui, Monsieur, répondit Montataire, fort étonné de la question. — Que je vous plains, Monsieur! » répliqua le premier président, haussant les épaules d'un air de compassion; et leur tourna le dos. Tout ce qui l'entendit ne put s'empêcher de rire. Ils s'en retournèrent outrés, confondus, et sans avoir tiré du premier président que cette insulte. Mme de Lillebonne, qui, outre son rang, sa considération et son crédit, et celui de ses filles1, alla un jour, avec elles, à cette audience2; les réponses furent si cruelles, qu'elles sortirent fondantes en larmes de colère et de dépit.
Les jésuites et les Pères de l'Oratoire sur le point de plaider ensemble3, le premier président les manda et les voulut accommoder. Il travailla un peu avec eux; puis, les conduisant : « Mes Pères, dit-il aux jésuites, c'est un plaisir de vivre avec vous; » et se tournant tout court aux4 Pères de l'Oratoire : « et un bonheur, mes Pères, de mourir avec vous5. »
Le duc de Rohan, sortant mal content de son audience, vif et brusque comme il étoit, l'avoit prié de ne le point conduire, et, après quelques compliments, crut avoir réussi. Dans cette opinion, il descend le degré, disant rage
i. Phrase incomplète, où il faudrait un verbe après son rang.
3. Peut-être à l'occasion de son procès, en 1689, contre Mlle de Montpensier et le prince de Condé, pour la succession de Mlle de Cuise (Dangeau, tome II, p. 367-368 et 381).
3. La rivalité qui existait entre les jésuites et les oratoriens a déjà été signalée dans notre tome XII, p. 407 et 411.