‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 38 sur 610 · a écrit, en abrégé, au pluriel, a · texte numérisé non relu

a écrit, en abrégé, au pluriel, a

' La première lettre de le surcharge un p.

Beuzeval1, capitaine suisse, qui a depuis négocié avec réputation en Pologne et dans le Nord longtemps2, y épousa une parente de la Reine3, et est mort longtemps depuis lieutenant général et colonel du régiment des gardes suisses : homme à deux mains *, d'esprit, de manège et de tête. Bully, qui avoit été dans la gendarmerie, et qui avoit acheté ce gouvernement de la famille de Pracomtal \ y étoit avec eux, et sous eux, tout gouverneur qu'il étoit6;

1 . On prononçait et écrivait généralement Beuzeval, pour Besenval. — Jean-Victor de Besenval, né à Soleure en 1671, fils d'un avoyer de ce canton créé baron du Saint-Empire en 1695, ayant débuté dans les gardes suisses de Louis XIV en 1689, a eu la majorité de ce corps le 25 juin 1702, le grade de brigadier d'infanterie en janvier 1701, et a commandé une brigade à Ramillies.

2. Il alla d'abord en mission extraordinaire, avec Ricous, auprès des rois de Suède et de Pologne, pour les gagner à l'alliance française (1707-1708). De retour, il passa maréchal de camp le 29 mars 1710, puis, en 1711, retourna en mission dans le Nord et en Saxe, et enfin fit fonction d'envoyé extraordinaire en Pologne de 1713 à 1721. Promu lieutenant général dans l'intervalle, 1er février 1719, il passa colonel des gardes suisses en 1722, et le resta jusqu'à sa mort, 11 mars 1736. Louis XV, en août 1726, lui permit de placer son titre héréditaire de baron sur la terre de Brunstadt, en Alsace (Arch. nat., 01 2761, fol. 112). Son très beau monument funéraire est encore dans l'église Saint-Su! pice de Paris, et la famille possède son buste par J. Catfieri.

3. Catherine, comtesse Bielinska, fille du grand maréchal de Pologne (tome IV, p. 181), épousa Besenval en 1718, à Varsovie, et mourut à Paris, le 17 juin 1761, âgée de soixante-dix-sept ans. C'est la mère de l'auteur de mémoires bien connus ; femme d'esprit au témoignage de Voltaire.

4. Comme dans le Guznian d'Âlfarache de Lesage, cité par Littré : « Cet homme est à deux mains, il occupe deux emplois à la fois. »

5. Jean-Louis Lestandart, troisième marquis de BulIy-en-Bray (ici, Beully), cornette puis sous-lieutenant des ehcvau-légers de Berry, avec rang de colonel, mais estropié depuis ses campagnes en Italie, avait acquis en mai 4704 le gouvernement de Menin, vacant par la mort de Pracomtal (notre tome XI, p. 303; Dangeau, tome X, p. 13; Sourches, tome VIII, p. 364; Mercure de juin 1704, p. 66). Il mourut à Paris, le 7 mars 1740, âgé de soixante-dix ans, sans postérité.

6. Cette subordination lui était fort désagréable : Guerre, vol. 1937, n" 82.

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malgré ce dégoût, il y demeura, et y fit fort bien1. Ils tinrent trois semaines de tranchée ouverte, obtinrent une très honorable capitulation, sortirent le 25 août, et furent conduits à Douay2. M. de Vendôme voulut rassembler son armée; mais il ne tarda pas à la remettre comme avoit fait le maréchal de Villeroy3. 11 se tint cependant à Lille, puis jolie action à Saint-Amand, sous prétexte de prendre des eaux4. Il sut du chevalier qUe Marlborough avoit projeté un grand fourrage auprès de ïournay. Vendôme en avertit le chevalier du Rosel3, qui étoit [à] Tournay. En effet, le 16 août, huit mille hommes6 bordèrent un ruisseau qui tombe dans l'Escaut et s'appelle Chin7, qu'il fit passer à douze cents chevaux.

1. Voyez la Gazette de 1706, p. 432, et une lettre de Chamillart, 12 juillet, dans le volume Guerre 1938, n° 144. M. de Bully sacrifia sa vaisselle et toutes ses ressources personnelles pour la garnison.

2. Dangeau, p. 163-187; Sourches, p. 141-157; Gazette, p. 382- 432, passim; Gazette a" Amsterdam, noa lxix-lxxiv et Extr. lxx et lxxi ; Mercure d'août, p. 418-424, et de septembre (journal du siège), p. 172- 256; correspondance de Vendôme, ras. Fr. 14 178, fol. 310, 317 v° et 318; Dépôt de la guerre, vol. 1939, n09 182, 184, 188,203-206,208 et 209; Quincy (avec plan), p. 20-44; lettre de Mme de Maintenon à la princesse des Ursins, dans le recueil Bossange, tome I, p. 32; Rousset, Histoire militaire du prince Eugène, tome II, p. 215-222; Mémoires militaires, p. 81-105 et 535-559. Menin était à la France depuis 1678, et Vauban en avait fait un chef-d'œuvre de fortification ; nous ne pûmes y rentrer qu'en 1744.

3. Dangeau, p. 178; Mémoires militaires, p. 90 et suivantes, 526- 527 et 534-535; correspondance de Vendôme avec Chamillart et Vauban, ms. Fr. 14178, fol. 36 V et 307 v°; Guerre, vol. 1939.

4. Ces dix derniers mots sont une addition en interligne. — Dangeau, p. 212 et 216 ; Sourches, p. 186 ; Lettres d'Albcroni, publiées par M. Bourgeois, p. 31-41. Villeroy avait pris les mêmes eaux, ci-dessus: p. 16.

5. Ce chevalier marié avec qui notre auteur avait lié amitié en 1693 (tome I, p. 236 et 282-284), mais dont le véritable nom, d'après sa signature, est de Rosel, était très apprécié de Vendôme (Guerre, vol. 1939, n° 406). On a la notice de ses services dans la Chronologie militaire, tome IV, p. 581-584.

6. Après 8000, l'auteur a ajouté l'abréviation //., l'ayant omise d'abord.

7. Le ruisseau de Chin donne son nom au village de Pont-à-Chin, situé non loin du pont d'Espionos dont il a été parlé en 1694.

Du Rosel sortit aussitôt avec neuf escadrons de carabiniers et quatre-vingts dragons, passa à la tête du ruisseau hors du feu de cette infanterie, battit les douze cents chevaux, qui étoient en diverses troupes, en tua deux cents, en prit deux cent cinquante, emmena'à Tournay quatre cents chevaux de ce fourrage, et, parmi les prisonniers, Cadogan2, favori de Marlborough et lors brigadier de cavalerie, qui, pour favoriser la retraite de ce général, qui se trouvoit s'être trop avancé, fit ferme tant qu'il put, avec cinquante dragons, à la tête d'un pont. M. de Vendôme renvoya aussitôt Cadogan au duc de Marlborough, galamment, sur sa parole3. L'action du Rosel fut vive et bien en-

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