Cet elle et le suivant sont la duchesse de Bourgogne
gogne y étoit fort en brassière1; ses mœurs et celles de ce monde-là se convenoient peu. M. le duc de Berry, qui les avoit plus libres2, y étoit à merveille3. Madame la Duchesse y tenoit le dé, et quelques-unes de ses favorites y étoient quelquefois reçues. Mais, pour tout cela, jamais Mlle Choin ne paroissoit. Elle alloit, les fêtes, à six heures du matin, entendre une messe dans la chapelle4, dans un coin toute seule, bien empaquetée dans ses coiffes, mangeoit seule quand Monseigneur ne mangeoit pas en haut avec elle, et il n'y mangeoit jamais, lorsqu'il couchoit à Meudon, que le jour qu'il y arrivoit, parce [que] qui5 en étoit ne venoit que sur le soir, et jamais ne mettoit le pied hors de son appartement ou de l'entresol; et, pour aller de l'un à l'autre, tout étoit exactement visité et barricadé pour n'être pas rencontrée6. On la considéroit auprès de Monseigneur comme Mme de Maintenon auprès du Roi7. Toutes les batteries pour le futur étoient dressées et pointées sur elle. On cabaloit longtemps pour avoir la permission d'aller chez elle à Paris, on faisoit la cour à ses amis anciens et particuliers. Mgr le duc de Bourgogne et Mme la duchesse de Bourgogne cherchoient à lui plaire, étoient en respect devant elle, en attention avec ses amis, et ne réussissoient pas toujours. Elle montroit à Mgr le duc de Bourgogne la con-