‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 397 sur 610 · Ici, merveille, au singulier, contrairement à l'habitude · texte numérisé non relu

Ici, merveille, au singulier, contrairement à l'habitude

4. Chapelle achevée en 1702, et fort belle, dit Dangeau (tome IX, p. 39).

5. Qui corrige que, et il a oublié de récrire la conjonction.

6. Voyez, sur Mlle de Choin et sur le mystère voulu de ses relations avec Monseigneur, l'étude de feu Edouard de Barthélémy : Mademoiselle de Choin (1872).

7. Madame (recueil Jaeglé, tome I, p. 280-181) disait, en 1703, que la demoiselle aurait joué auprès de Monseigneur, s'il était devenu roi, le môme rôle que Mme de Maintenon auprès de Louis XIV. Dans l'Addition n° 458 (notre tome XI, p. 379), Saint-Simon l'a appelée la Maintenon de Monseigneur, et, plus loin (p. 380), il lui a donné le sobriquet de « fille Dauphine. »

sidération d'une belle-mère, que toutefois elle n'étoit pas1, mais une considération sèche et importunée, et il lui arrivent quelquefois de parler avec autorité et peu de ménagement à Mme la duchesse de Bourgogne, et de la faire pleurer. Le Roi et Mme de Maintenon n'ignoroient rien de tout cela; mais ils s'en taisoient, et toute la cour, qui le savoit, n'en

1. Plus tard et avec plus de précision encore, Saint-Simon répétera, d'après « tout ce qui a été le plus intimement initié dans leurs mystères, » qu'il « n'y a jamais eu de mariage. » La Beaumelle, réfuté d'ailleurs par Voltaire, a affirmé le contraire ; mais il n'a pas d'autorité, et, quant aux détails d'un mariage célébré en 4697 ou en 1707, et de la naissance d'un fils, qu'on trouve dans les prétendus Mémoires de M. de Maurepas, tome I, p. 43, et dans les Mélanges de M. de Boisjourdain, tome I, p. 26-27, c'est du pur roman. Restent deux lettres de Monseigneur lui-même à Mme de Maintenon. Dans la première, datée du 19 juillet 1694 et écrite de l'armée (Lavallée, Correspondance générale, tome III, p. 411-414), on relève cette phrase : « J'ai été assez étonné que vous me parlassiez de ma femme; cela m'a surpris d'abord et m'a fait demeurer tout court. » Parle-t-il de la feue Dauphine, morte depuis quatre ans, ou bien de Mlle de Choin? La première supposition reste seule admissible, si l'on réfléchit que, un mois plus tard, Mlle de Choin fut renvoyée à Paris pour l'intrigue avec Clermont-Chaste qui a été racontée dans notre tome II, p. 183-191, et dans laquelle ce prétendu amoureux feignait de « vouloir l'épouser. » La seconde lettre, publiée en 1822 par Monmerqué, pour la Société des Bibliophiles françois, et reproduite par les éditeurs du Journal de Dangeau, tome V, p. 179-180, note 3, ne porte aucune date de mois ni d'année. Monseigneur y racontait très confidemment que, depuis longtemps, il songeait à se remarier de peur de tomber dans la débauche, mais que le Roi paraissait fort éloigné de cette idée», et que d'ailleurs il ne voyait pas lui-même de princesse à sa convenance. Cette lettre ne nous parait nullement prouver, comme Monmerqué l'a cru, que la liaison avec Mlle de Choin eût été légitimée par un mariage secret. Enfin il ne faut pas manquer de citer la singulière assertion consignée par le duc de Luynes sur l'exemplaire original du Journal de Dangeau, à propos de la disgrâce de 1695 : « Bien des gens se sont trompés quand ils ont cru que Monseigneur étoit amoureux de Mlle Choin ; elle étoit sa confidente, et rien de plus. »

a Et cependant il en avait été question dès le lendemain de la mort de la Dauphine, comme en témoigne ce passage d'une lettre de Mme de Maintenon à son ami le duc de Richelieu, datée du 1er mai 1690 : « On parle déjà de marier Monseigneur, qui a été plus touché qu'il n'a su le montrer. »

un fauteuil à Bayonne et, i

Madrid,

le traitement

d'infant.

Origine du

les cardinaux, [Add. S'-S. 736]

parloit qu'à l'oreille. Ce tableau suffit pour le présent; ii sera la clef de plus d'une chose. M. de Vendôme et d'Antin étoient des principaux initiés1.

Les généraux des armées2 partirent chacun pour la leur'1. Duc d'Orléans a M. le duc d'Orléans s'arrêta à Bayonne pour voir la reine veuve de Charles II4, qui lui donna un fauteuil. M. le duc d'Orléans, qui ne l'auroit osé prétendre, se garda bien de le refuser5. En Espagne, les infants ont un fauteuil devant le roi et la reine. 11 leur est venu de celui des légats fauteuil a la 1ère6, qui sont reçus partout presque comme le Pape en enQ spa1gne personne, et à qui nos Rois ont été au-devant fort loin hors infants et pour de leur ville, jusqu'à Louis XIV exclusivement7, mais qui y envoya Monsieur, qui donna la main au cardinal Ghigi, lequel eut, comme je l'ai marqué p. 1358, à propos de l'erreur d'une tapisserie, un fauteuil à son audience du Roi. [Add. S'-S. 73

1. Nous retrouverons tout cet entourage de Monseigneur en 1708, lorsque notre auteur racontera les cabales contre le duc de Bourgogne.

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