‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 40 sur 610 · Mémoires militaires, p. 131-133; Dangeau, p · texte numérisé non relu

Mémoires militaires, p. 131-133; Dangeau, p

6. Ici se trouve le paragraphe qui, sur l'indication de Fauteur, a été reporté plus haut, dans notre tome XIII, p. 446.

7. Elle arriva à mi-terme au milieu du mois d'août : Dangeau, j». 181.

8. Fort à court de ressources d'argent, comme au tome VII. p. 159. !). Sous le règne suivant, le duc de Luynes (tome XVII, p. 38) prétend que chaque voyage à Fontainebleau ou à C.ompiègne coûtait

pressée de ces deux côtés, résolut d'amuser le Roi, de retarder le voyage, enfin, à l'extrémité, de le rompre. Sur les fins, la plupart des gens instruits comprirent qu'il étoit rompu. Le Roi ne s'en doutoit pas le moins du monde. Il avoit été reculé à deux reprises1. Il devoit2 partir de Meudon ; il alla voir de ce lieu l'église nouvelle des Invalides3, qui fut fort admirée, où le cardinal de Noailles officia devant lui4, et donna ensuite à dîner à Mgr le duc

un million ou quinze cent mille livres de dépense extraordinaire, en voitures, logements, gratifications, etc.

1. Dangeau, p. 458 et 483. On était convenu de partir le 30 de Meudon, et la princesse se serait embarquée à Paris sur la Seine (Lettres de Mme de Maintenon à Mme des Ursins, tome I, p. 22-23).

2. // devoit a été ajouté sur la marge, et, avant partir, un a a été biffé.

3. Il s'agit de la partie méridionale de l'église et de sa belle façade, commencée en 4698 (tome VI, p. 54); les chiffres de dépenses de construction sont dans le tome IV des Comptes des bâtiments du Roi qui vient d'être publié par M. Jules Guiffrey. L'autre façade, sur la cour intérieure, et le dôme, doré en 4691, dataient de la construction primitive de l'hôtel. Louis XIV était déjà allé deux fois, le 49 mai 4704 et le 44 juillet suivant, admirer la nouvelle église, quoique inachevée, et on la déclarait dès lors la plus belle de France : Mercure de juillet 4704, p. 460-466, de mai 4702, p. 307-344, et de septembre, p. 428-430; Journal de Dangeau, tome VIII, p. 404 et 448; estampe du temps, dans la collection Hennin, n° 7444 du catalogue ; tableau de Martin le jeune, au musée du Louvre, n° 840.

4. Le 28 août : Dangeau, p. 488-490; Sourches, p. 459; Gazette, p. 434-432; Mercure de septembre, p. 256-275 et 354-355. Mme de Maintenon écrivit, le lendemain, à la princesse des Ursins (recueil Bossange, tome I, p. 32-33) : « Le Roi alla hier aux Invalides, sans autre dessein que de faire plaisir à M. Mansart, qui a fini cet ouvrage ; cependant ce fut un beau spectacle : le Roi, suivi de la famille royale et de toute la cour, entrant dans le plus beau lieu du monde au milieu de tous les soldats, une musique mêlée de trompettes et de cimbales, M. le cardinal de Noailles disant la messe. Je n'ai pas de peine à croire que cela étoit très beau, car vous croyez bien, Madame, que je n'y étois pas; notre chère princesse étoit restée ici seule, se conservant pour le voyage de Fontainebleau. » — Félibien des Avaux publia aussitôt une description de l'église, et les almanachs illustrés de l'année suivante reproduisirent des gravures de la visite royale.

de Bourgogne, qui alla faire ses prières à Notre-Dame et à Sainte-Geneviève1, et voir ensuite la Sorbonne, où il fut reçu par l'archevêque de Reims, proviseur2. Le lendemain de cette visite de l'église des Invalides, Clément3, soutenu

1. De cette antique basilique, élevée en l'honneur de la patronne de Paris par Clovis, il ne reste plus que la tour, refaite en partie sous Charles VIII avec le couvent y attenant, occupé alors par une congrégation célèbre de chanoines réguliers, et dont quelques bâtiments subsistants font partie du lycée Henri IV. Les principales curiosités étaient, dans l'église, une crypte très richement ornée, la châsse de vermeil contenant le corps de sainte Geneviève, le mausolée élevé en l'honneur de Clovis, les reliques de sainte Clotilde, le mausolée du cardinal de la Rochefoucauld, réformateur des Génovéfains, et le buste de Descartes; dans le couvent, le cloître du douzième siècle avec les sépultures des abbés, le grand escalier, la bibliothèque, le cabinet d'antiques et de médailles, le cabinet d'histoire naturelle, etc.

2. Dangeau, p. 192; Sourches, p. 159; Mercure, p. 270-279. — La dignité de proviseur de Sorbonne, purement honorifique, sauf dans le cas de partage des voix, était réservée en principe à des cardinaux, comme Richelieu, Mazarin, les Gondy ; mais le Roi, ne voulant point qu'elle échût au cardinal de Bouillon, l'avait fait conférer successivement aux archevêques Péréfixe, Harlay et le Tellier. — Le prince entendit soutenir une thèse sur Filioque, puis alla au Jardin des plantes (Mercure d'août, p. 428-431).

3. Julien Clément, né à Arles, élève et gendre du célèbre accoucheur Jacques le Fèvre, s'était fait connaître pour son habileté et sa discrétion, non pas, comme ledit la Biographie générale, lors des couches clandestines de Mlle de la Vallière, mais lors de celles de la maréchale de la Ferté, grosse du petit bâtard Longueville, et le Roi l'avait employé avec le même mystère pour les couches de Mme de Montespan (Histoire amoureuse des Gaules, tome II, p. 411-412). Pour celles de la Dauphine, en 1682, on l'appela à la place de l'accoucheuse Robinet, et, depuis lors, gagé à douze cents livres comme accoucheur de la cour (brevet du 8 février 1684 : Arch. nat., O1 28, fol. 44 v°), il fut l'homme à la mode, non pas cependant toujours heureux, puisqu'on l'accusa d'avoir blessé la Dauphine dans ses dernières couches et causé sa longue maladie (Additions n0' 64 bis et 521, dans nos tomes I, p. 521, et XII, p. 469). C'est lui qui a accouché la duchesse de Bourgogne en 1704. Après la nouvelle couche de janvier 1707, il sera pourvu de la charge restée vacante de premier valet de chambre de cette princesse. On l'enverra en Espagne à plusieurs reprises, pour les deux reines femmes de Philippe V, et, en août 1711, il rece-

de Fagon, déclara au Roi que Mme la duchesse de Bourgogne ne pouvoit aller à Fontainebleau sans se mettre en plus évident hasard. Cela fâcha fort le Roi; il disputa : les autres étoient bien instruits, il n'y gagna rien. Avec dépit, il décida qu'au lieu d'aller le lendemain à Fontainebleau, il retourneroit à Versailles, que Monseigneur et Mme la princesse de Gonti iroient à Fontainebleau, que lui-même y feroit un voyage de trois semaines, et parut chagrin quelques jours1. On le laissa se repaître de ce voyage de trois semaines; on le recula, et enfin on le rompit comme on avoit fait le grand2, mais sous prétexte que ce n'étoit pas la peine pour si peu 3. Il n'y eut donc que Monseigneur qui vit Fontainebleau cette année, et sa petite cour, où M. le duc de Berry le fut voir et chasser. Ils n'osèrent y demeurer longtemps, et s'en revinrent auprès du Roi4.

vra des lettres de noblesse (01 55, fol. 423), sous condition de ne point abandonner sa profession. 11 mourut à Paris, le 7 octobre 1729. Il habitait en face du Petit Saint-Antoine.

1. Dangeau, p. 193-195 ; Sourchas, p. 159-160. Ces derniers Mémoires disent que le Roi annonça son intention de partir le 20 septembre au lieu du 31 août, et ils ajoutent : « Ce changement inopiné dérouta toute la cour, qui n'étoit pas accoutumée à voir le Roi se déranger en rien, d'autant plus que chacun avoit envoyé ses meubles et sa vaisselle d'argent à Fontainebleau, et qu'on ne savoit si on devoit les y laisser ou les faire revenir. Le duc de la Rochefoucauld y fut trompé comme les autres, et on lui envoya un courrier pour le faire revenir de Fontainebleau, aussi bien que l'équipage du Roi pour cerf et toute la petite écurie. » — Notre auteur a mal lu Dangeau, qui parle d'un « petit voyage » dans trois semaines, » et non de trois semaines.

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