‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 404 sur 610 · III. Henriette-Marie de France : tome IX, p · texte numérisé non relu

III. Henriette-Marie de France : tome IX, p

giés en France après l'étrange catastrophe du roi Charles 1er, son mari', dont l'exemple et une raison semblable valut le fauteuil à Monsieur et à Madame père et mère de M. le duc d'Orléans, du roi Jacques II et de la reine sa femme2, réfugiés pareillement en France en 1688 par l'invasion et l'usurpation du prince d'Orange depuis dit le roi Guillaume 111 ; mais il savoit aussi que lui-même ne l'avoit pu obtenir3. On lui avoit seulement souffert, à Mme la duchesse d'Orléans, à Mademoiselle sa sœur, depuis duchesse de Lorraine, et aux trois filles de Gaston, de ne voir le roi et la reine d'Angleterre qu'avec Monseigneur, Monsieur ou Madame, devant qui ils ne prétendoient qu'un tabouret4; et, comme tout s'étend en France sans autre droit que de l'oser, les deux autres filles du Roi8, toujours blessées du rang si supérieur au leur de leur sœur cadette, se mirent sur le même pied de ne voir la cour d'Angleterre qu'avec des fils ou des filles de France; puis d'elles6, qui étoient princesses du sang par leurs maris, les autres princesses du sang en ont toujours usé de même. Le Roi le souffroit,

1. Voyez les relations de l'arrivée de cette reine dans la Gazette de 1641, p. 708-712, 934-935, 937-944, etc.

2. C'est-à-dire de la part de ce roi et de cette reine d'Angleterre.

3. Nous avons déjà eu plus d'une occasion de constater quelles difficultés de cérémonial entraînait l'usage du fauteuil nouvellement substitué à la chaise à dos, qui, jusque-là, avait été seule en usage devant les daines : voyez, entre autres passages, notre tome VI, p. 18-20. L'historique de cette question est exposé dans le Supplément au Corps diplomatique, tome IV, p. 431-435, et dans le Dictionnaire de V ameublement, par M. Havard, tome II, col. 645-649.

4. Pellisson rapporte, dans ses Lettres historiques, tome If, p. 77 et SI, en 1673, que le Dauphin n'avait pas de fauteuil devant la veuve de Charles I, et que les dernières tilles de Gaston ne L'obtinrent de la duchesse d'York que contre promesse de le donner aussi aux enfants de celle-ci, s'ils venaient en France. « Je ne sais, ajoute-t-il, si cela ;i été exécuté. » Les Mémoires de Sourches, tome 111, p. 9-17, donnent le détail de ce qui fut réglé au commencement de 1689, pour la cour de Sainl-Cerinain.

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