‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 414 sur 610 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

6. Âvoient est au pluriel, et le t de retardé surcharge un d.

7. Datujeau,?. 323-324 et 334-335. Ci-dessus, p. 401. * S.iint-Simon a écrit ici : Almen~a.

d'Ahnanza

;i»i MÉMOIRES [1707]

plus foible en infanterie <|iie les ennemis, et engagé dans un pays de montagnes, se trouva dans la nécessité (Je reculer un peu devant eus pour regagner des plaines où il se pûl aider de sa cavalerie1. Asfeld*, qui, tout l'hiver, avoit commandé sur cette frontière8, y avoit heureusement, mais très difficilement, pourvu à la subsistance des troupes. Tout y étoit donc mangé par les apports4 qui y avoienl été faits de Ions les pays à portée d'en faire, et c'est ce qui avoit obligé Berwick de chercher à vivre dans ces montagnes, où les ennemis, fort éloignés, mais assemblés de bonne heure, forcèrent de marches pour le venir chercher et tâcher de le prendre à leur avantage. Le marquis das Minas6, Portugais, commandoit leur armée de concert avec Ruvigny, qu'on appeloit Milord Galloway6, d'un titre d'Irlande que le roi Guillaume lui avoit donné, et qui commandoit les Anglois7. Enflés de ce mouvement en arrière, ils

1 . Ses Mémoires, tome I, p. 384-391. — 2. TomcX, p. 288. Ici, HasfeJdt.

3. Depuis 1701, ce lieutenant général était en Espagne pour doubler M. de Berwick (Dépôt de la guerre, vol. 1787, n09 4 et 50). Il commença à tenir alors un journal de ses campagnes, qui va jusqu'en 1709, et qui est entré au Musée britannique, m s. Addit. 9962.

4. Ce terme, dont la signification n'a pas besoin d'être expliquée, ne figurait pas dans le Dictionnaire de V Académie de 1718, et l'édition de 1878 n'a donné que cette définition au sens dérivé : « Vieux mot, qui signifiait marché, lieu où l'on apporte les denrées pour les vendre, » tandis que le dictionnaire de M. Hatzfeld cite des exemples du sens primitif que nous avons ici.

5. Antoine-Louis de Sousa, IIe marquis das Minas et IVe comte de Prado, dont notre auteur exposera l'extraction en 1713, était un ancien gouverneur du Brésil (janvier 1681) fait en juin 1703 capitaine général du pays d'entre le Douro et le Min ho, sur la frontière de Galice, puis de la province de Beira et de celle d'Alemtejo, enfin général en chef de l'armée portugaise jointe à celle de l'Archiduc. Il était né le 6 avril 1644, servait depuis l'âge de treize ans, et mourut le 25 décembre 1721, conseiller aux conseils d'Etat et de guerre, grand éeuyer de la reine, gouverneur d'armes de l'Alemtejo. C'est lui qui a commandé à Madrid pendant l'occultation passagère des alliés en 1706.

(). Tome XIII, p. 163- 104 et p. 406, note 6.

7. La Gazette d'Amsterdam avait donné un journal des opérations généraux pendant l'année 1706 (Extr. xciv) ; pour 1707.

suivirent le maréchal de près, qui les attira ainsi dans les plaines de la frontière du royaume de Valence. Alors Berwick les eût volontiers combattus; mais il savoit M. le duc d'Orléans parti de Madrid pour lé* venir joindre, qui n'avoit fait qu'y passer et saluer le roi et la reine d'Espagne, et qui faisoit toute la diligence possible pour arriver1. 11 lui étoit subordonné de nom et2 d'effet3; le Roi avoit avoué son repentir de lui avoir donné en Italie un tuteur, qui l'avoit perdue malgré ce prince. Berwick ne vouloit pas, d'entrée de jeu, se brouiller avec un supérieur de cette élévation en lui soufflant une bataille4 : ainsi il temporisoit, avec grand dépit de l'audace des ennemis à l'approcher et à le tâters. Elle leur crût tellement par la patience du maréchal, qu'ils l'imputèrent tout à fait à foiblesse. Pour6 en profiter, ils vinrent le chercher jusque dans son camp7. Asfeld, qui en eut le premier avis, l'envoya au duc de Berwick, avec qui il étoit fort bien, et prit sur soi de faire ses dispositions de son côté, pour ne perdre pas un moment8. Le maréchal fut aussi diligent du sien, vint au galop voir celles d'Asfeld,

elle nous fournit la composition de l'armée de Gallway, Extr. xxxiv, et un semblable journal, n° xlix. La correspondance est au Dépôt de la guerre.

1. Dangeau, p. 357. Voyez ci-dessus, p. 407. Le prince avait été très bien accueilli au palais de Madrid (Lettres de Mme des Ursins, éd.Bossange, tome III, p. 456-458; Mercure de mai, p. 321-323) ; le 48 avril, il rendit compte au Roi de sa réception et de l'état des choses (Guerre, vol. 2048, n08 260, 261 et 268), et il partit le 21.

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