‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 413 sur 610 · Voyez ce qui a déjà été dit dans notre tome XIII, p · texte numérisé non relu

Voyez ce qui a déjà été dit dans notre tome XIII, p

4. Au sens de « repas fait pendant la halte » : tome II, p. 302.

5. En 1708, revenant sur le même sujet (éd. 1873, tome VI, p. 159), Saint-Simon dira : « Des haltes froides n'étoient plus que pour des drilles. » Comment, faisait observer Voltaire, des généraux qui apportent aux camps le luxe d'une cour efféminée pourraient-ils « égaler ces héros qui faisaient la cuisine eux-mêmes » ?

(>. Profusions, au pluriel, dans le manuscrit.

dépense ruinoit les officiers, qui, les uns pour les autres, s'efforçoient à l'envi deparoître magnifiques1, et les choses nécessaires à porter et à faire quadruploient leurs domestiques et les équipages de l'armée, qui l'affamoient souvent. Il y avoit longtemps qu'on s'en plaignoit, ceux même qui faisoient ces dépenses qui les ruinoient, sans qu'aucun osât les diminuer2. A la fin, le Roi fit, ce printemps, un règlement qui défendit aux lieutenants généraux d'avoir plus de quarante chevaux d'équipage, aux maréchaux de camp plus de trente, aux brigadiers plus de vingt-cinq, et aux colonels plus de vingt3. Il eut le sort de tant d'autres faits sur le même sujet. Il n'y a pays en Europe où il y ait tant de si belles lois et de si bons règlements, ni où l'observation en soit de si courte durée : on ne tient la main à aucun, et il arrive que souvent même, dès la première année, tout est enfreint, et qu'on n'y pense plus dès la seconde4.

On a vu p. 594 s que la révolte de Cahors, qui avoit Bataille obligé d'y faire marcher des troupes destinées pour l'Espagne, avoit retardé6 le départ de M. le duc d'Orléans de huit jours7. Ce délai lui coûta cher. Le duc de Berwick,

1. En 1636, le surintendant Sublet de Noyers écrivait au duc de Chaulnes, impuissant à protéger Corbie : « Trois jours de votre table suffiroient à remédier à mille petits inconvénients. » Aussi finit-il par édicter l'ordonnance de 1641, qui défendait aux officiers d'avoir plus d'un service de viande et un de fruit, ne voulant pas qu'ils se ruinassent au service du Roi, ni surtout que les moins riches s'endettassent pour rivaliser avec les autres.

2. On en a vu un témoignage dans le désastre de Turin : ci-dessus, p. 62, note 2. Comparez une lettre du marquis d'Antin au ministre Chamillart, en date du 18 août 1706 : Guerre, vol. 1939, n° 124.

3. Dangeau, p. 344. Cette ordonnance, du 15 avril 1707, est imprimée dans le recueil de Lamberty, tome XIV, 2e partie, p. 173-175.

4. II y eut encore, par la suite, de nombreuses ordonnances de ce genre; on peut citer, sous Louis XV, celles de 1741, 1746, 1753, 1757, etc.

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