Ci-après, p
6. Guerre, vol. 2049, n09 16 et 17, état des pertes du régiment du Roi, et, n08 35 et 36, état général envoyé par Mouchan, qui dit avoir regretté la suppression des piques de l'infanterie. Il y a un compte rendu des obsèques solennelles dans le Mercure de juillet, p. 144-160.
et, de gens de marque, le fils unique de Puysieulx1, qui étoit brigadier d'infanterie et promettoit beaucoup avec un esprit orné, et Polastron, colonel de la Couronne2. Tout étant fini, le comte Donna3, qui s'étoit retiré dans la montagne avec cinq bataillons, n'ayant4 ni vivres, ni eau, ni moyen de sortir de là, envoya au maréchal, trop heureux d'être tous prisonniers5 de guerre, qui chargea un officier général d'aller les chercher et les amener à son camp6. Ainsi
1. Le comte de Sillery nommé dans notre tome XIII, p. 224. Voyez son article nécrologique dans le Mercure de juillet 1707, p. 60-65.
2. Louis, marquis de Polastron, mousquetaire, puis enseigne aux gardes en 1692 et sous-lieutenant en 1697, colonel d'infanterie en 1698 et brigadier en 1704. « Gentilhomme de Gascogne qui avoit déjà perdu deux frères au service du Roi ; il avoit du mérite et auroit été capable de s'avancer dignement dans les grands emplois de la guerre, » dit l'annotateur des Mémoires de Sourches, tome X, p. 310; comparez les détails donnés par Bulkeley, ibidem, p. 312. Nous avons vu ci-dessus (p. 36) périr devant Turin un de ses frères, improprement qualifié colonel du régiment de la Couronne. Ce corps perdit, outre son colonel, dix capitaines. — Un parent de Saint-Simon, M. de Sandricourt (tome XII, p. 403), commandait à la même bataille le régiment de Berry et culbuta la droite ennemie, à ce que raconte Quincy (p. 407) ; mais, Dangeau n'en disant rien, notre auteur passe aussi ce fait sous silence.
3. Frédéric, burgrave ou comte de Dohna, près Dresde, qui avait été gouverneur d'Orange pour les Nassau, eut d'une du Puy-Montbrun, réfugiée protestante d'origine dauphinoise, trois fils. L'aîné, Alexandre (1661-1728), devint gouverneur, puis ministre et feld-maréchal du roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse ; le second, Jean-Frédéric, né en 1664, est celui dont il s'agit ici; le troisième, Christophe (1665-1733), qui voyagea en France en 1700, commanda les grands mousquetaires du roi de Prusse et remplit plusieurs missions diplomatiques pour lui. Ces frères avaient été élevés par Bayle, au château de Coppet, acquis par leur père en 1657, et une sœur épousa le comte de Friesen dont Saint-Simon a parlé. Jean-Frédéric, qui porta un temps le titre de marquis de Ferrassières, venu de leur mère, et qui, selon le Morcri, fut capitaine des cent-suisses du roi Guillaume et colonel d'infanterie, est actuellement, en 1707, général au service de la Hollande, et a été envoyé depuis deux ans à l'armée des alliés en Portugal. Il sera fait commandant de Monsen octobre 1709, et périra à Denain, le 24 juillet 1712.