‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 423 sur 610 · Toucher corrigé en touché · texte numérisé non relu

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5. Bien entendu, ces détails ne sont point empruntés à Dangeau, et ils ne peuvent venir que des lettres écrites par le prince lui-même à notre auteur. Quelques autres lettres, en dehors de celles que renferme le volume du Dépôt de la guerre n° 2049, se retrouvent dans la Correspondance de Madame (recueil Jaeglé, tome II, p. 57-59, 62-64 et 67) et dans le livre du comte de Seilhac, tome I, p. 315-318. Le Mercure de mai reproduisit (p. 368) la conversation du prince et du maréchal.

6. Le prince voulut être le premier à rendre justice au vainqueur d'Almanza, et, le lendemain, dans une lettre qu'on trouvera ci-après, appendice XVII, il écrivit au Roi (Mémoires de Noailles, p. 199; Guerre, vol. 2048, n° 291) : « Je ne puis m'empêcher de dire que, si la gloire de M. de Berwick est grande, sa modestie ne l'est pas moins, ni sa politesse pour moi, qui l'engageoit quasi à vouloir s'excuser, sur ce que les ennemis l'ont attaqué, d'avoir remporté une victoire aussi complète et aussi signalée que celle-ci. » C'est, en effet, ce que

fussent tous deux souvent de même avis. Le prince étoit leurs

entreprenant et quelquefois hasardeux, persuadé qu'un ca^ctère* attachement excessif à toutes les précautions arrache des militaires. mains beaucoup d'occasions glorieuses et utiles; le maréchal, au contraire, intrépide de cœur, mais1 timide d'esprit, accumuloit toutes les précautions et les ressources, et en trouvoit rarement assez. Ce n'étoit pas pour s'ac- Grand corder ; mais le prince avoit le commandement effectif, et et ^aured^c°ge le maréchal une probité si exacte, que, content d'avoir deBerwick contredit et disputé de toutes ses raisons et de toute sa parH,M',le duc force un avis qui passoit malgré lui, il concouroit à le faire réussir, non seulement sans envie, mais avec chaleur et volonté, jusqu'à chercher des expédients nouveaux pour remédier aux inconvénients imprévus, et à mettre tout du sien comme s'il eût été l'auteur du conseil qui s'exécutoit, nonobstant toute l'opposition qu'il y avoit faite2. C'est le témoignage que M. le duc d'Orléans m'a rendu de lui plus d'une fois3, et bien rare d'un homme nouvellement orné d'une grande victoire, et naturellement opiniâtre et attaché à son sens; mais, comme ce prince me l'a souvent dépeint, il étoit doux, sûr, fidèle, voulant surtout le bien de la chose, sans difficulté à vivre, vigilant, actif, et se donnant, mais quand il étoit à propos, des peines infinies*. Aussi M. le duc d'Orléans m'a-[t]-il dit souvent

Mme des Ursins rappelait encore, deux ans plus tard, à Mme de Maintenon (recueil Bossange, tome IV, p. 227).

1 . La conjonction mais est répétée deux fois, à la fin de la page 607 du manuscrit, et au commencement de la page 608.

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