‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 425 sur 610 · Ces dix derniers mots ont été ajoutés en interligne · texte numérisé non relu

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4. L'illusion sur les heureuses conséquences de cette victoire fut commune en France comme à Madrid : voyez les Lettres de Louis XIV à M. Amelot, tome I, p. 198-215, et le Mercure de mai, p. 382-408.

5. Je ne sais comment ce nom est venu ici. L'octogénaire Pimentel, marquis de la Florida (tome IV, p. 146 et 152), que Philippe V avait fait gouverneur du château de Milan le 19 mars 1702, et qui ne l'a rendu aux Impériaux qu'en mars 1707, après une glorieuse défense (cidessus, p. 90), se trouvait précisément, en mai 1707, à Versailles, où on lui faisait grand accueil (Dangeau, p. 368; Sourches, p. 317; Mercure de juin, p. 228-230). Rentré en Espagne quelques semaines plus tard, il y recevra une commanderie, mais ne servira plus, et mourra en janvier 1708. — Notre auteur a sans doute voulu parler du mar-

sur la frontière de Portugal. Les ennemis n'y avoient ni magasins ni troupes, et le roi de Portugal n'étoit pas en état de résister. Je pressai donc M. le duc d'Orléans de profiter d'une conjoncture qui ne se retrouveroit plus pour s'illustrer par la conquête facile d'un royaume, délivrer l'Espagne de ce côté-là de guerre et d'ennemis, en l'agrandissant d'un pays si utile, et de la mettre en état de finir la guerre en portant, la campagne suivante, toutes ses forces en Aragon, sans avoir plus de jalousie1 par derrière. G'étoit en effet le moyen certain de terminer la guerre d'Espagne en deux campagnes2. On peut juger en passant quel eût été cet avantage, quelles3 ses suites, et quelle gloire pour le prince qui l'auroit exécuté4. Le malheur fut que l'exécution étoit impossible. M. le duc d'Orléans me manda que ma proposition, en elle-même, étoit bonne et solide pour une armée de non-mangeants et de non-buvants; que, dans toute la longue route à travers les provinces d'Espagne, il n'y avoit magasin ni provision de quoi que ce fût, ni étapes5 réglées, ni moyen aucun d'y suppléer; que, s'il y avoit quelques6 provisions en Aragon pour la subsistance des troupes, et encore successives 7, ce n'étoit qu'à force d'industrie ; que les chaleurs qui commençoient à se faire sentir, et qui alloient devenir excessives, ajoutoient une nouvelle difficulté à ce dessein, que le manquement de toutes choses rendoit impossible, mais qu'il alloit travailler à faire en sorte que ces obstacles fussent levés pour

quis de Bay (ci-dessus, p. 114 et 282, et ci-après, p. 428), qui dirigeait les opérations du côté de la frontière portugaise.

1. Au sens d'inquiétude, préoccupation. Nous rencontrons dans Y Histoire de la guerre de Hollande, tome I, p. 311, cette locution : tenir quelqu'un en jalousie.

2. A la fin de novembre, Puységur remit un plan pour s'assurer des royaumes d'Aragon et de Valence, et porter tous les efforts jusqu'à Lisbonne (Affaires étrangères, vol. France 448, fol. 58-76).

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