Tome VIII, p
4. Dans le passage du tome VIII qui vient d'être indiqué, civil et criminel étaient au singulier.
5. Ces cinq derniers mots ont été ajoutés en interligne. Ils se trouvaient déjà dans la première rédaction, inspirée de l'abbé de Vayrac.
6. Comparez l'Addition n° 361, dans notre tome VIII, p. 389. Ce qui suit encore a déjà été dit dans notre tome VIII, p. 144-147, d'après l'abbé de Vayrac et le « Tableau de la cour d'Espagne » que notre auteur lit, sur les lieux mêmes, à la fin de 1721. Comparez le Supplément du Corps diplomatique, tome V, p. 299-300 et 832, et les Mémoires de la cour d'Espagne, par le marquis de Villars, éd. Morel-Fatio (1893), p. 30-32. Ici, nous avons quelques détails de plus que dans le tome VIII.
est lui-même assis et couvert dans son fauteuil, sous un dais. En retour à droit, sur le bout du banc le plus près de lui, est le chef de ce corps, ayant à son côté celui des conseillers choisi pour faire ce jour-là rapport de ce que le conseil a juge depuis la dernière fois qu'ils sont venus chez le roi; il a les sentences à ses pieds dans un sac, et il en explique sommairement le fait, les raisons des parties, et celles qui ont déterminé le jugement. Le roi, qui les approuve d'ordinaire, signe la sentence, qui ne devient arrêt qu'en ce moment; sinon, il ordonne au conseil de la revoir et de lui en rendre compte une autre fois, ou il renvoie l'affaire à des commissaires qu'il choisit, ou à un autre conseil, comme celui des finances1, des Indes5, ou autre pareil. Quelquefois il casse la sentence; rarement, mais il le peut, et cela est quelquefois arrivé, il rend de son seul avis un arrêt tout contraire, qui s'écrit là sur-lechamp, et qu'il signe. Il n'entre point dans tout ce qui est procédure ou interlocutoire3, à moins qu'il n'ait reçu des plaintes et qu'il veuille en être informé, mais seulement dans les décisions. Ainsi il est vrai de dire que ce conseil de Gastille si suprême n'a que voix consultative, et, de soi, ne rend que des sentences, et que c'est le roi seul qui juge et décide tous les procès et les questions. Après cette séance, qui ne va guères à deux heures, le roi se lève, tous se mettent à genoux, et il sort de la pièce, où il les laisse. Dans la joignante, il trouve ses grands officiers et sa cour. Le chef du conseil de Castille le suit : je dis chef, parce que c'est ou un président, ou un gouverneur, et j'en ai expliqué la différence en parlant de la dignité des
1. Sur ce conseil deVhacienda, voyez les Mémoires du maréchal de Gramont, p. 323, le Teatro de Garma, tome IV, p. 401-473, Y État présent de V Espagne, par l'abbé de Vayrac, tome III, p. 244-250, les Mémoires du marquis de Villars, éd. Morel-Fatio, p. 40-43, etc.