‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 470 sur 610 · La comtesse de Caylus et Villeroy · texte numérisé non relu

La comtesse de Caylus et Villeroy

(Page 276-277.)

10 février 1707. — Pour le coup, les Mémoires sont trop politiques, et ils ne persuaderont à personne de ces temps que Mme de Caylus n'ait pas été chassée3. Sa dévotion, qui avoit été extrême durant son exil, finit avec la direction du P. de la Tour, et un peu auparavant sans doute, puisqu'elle la troqua si aisément, comme on l'a vu4, pour une pension. Ce fut le premier pas de son retour. Elle reparut belle encore comme un ange, et Mme de Maintenon, qui l'aimoit toujours, et dont l'esprit l'amusoit infiniment5, fut ravie de la revoir, et ne tarda pas à l'initier peu à peu dans tous les particuliers chez elle avec le Roi, qui s'en amusoit aussi, mais qui craignoit son esprit et ne l'aima jamais. Elle ne fut pas longtemps sans être de tout, et sans tenir chez elle un petit tribunal de ce qui étoit le plus exquis et le plus en figure à la cour. Elle n'y craignit pas, quand elle fut tout à fait initiée, de revoir le duc de Villeroy tous les jours, et qui, après la mort du Roi et de Mme de Maintenon, ne bougea plus de chez elle, et y soupoit tous les soirs en maitre de la case, jusqu'à sa mort, dont il pensa mourir de douleur, quoique quelquefois las l'un de l'autre. La pauvre femme s'étoit souvent moquée de sa dévotion de Paris depuis

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