‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 474 sur 610 · Fontpcrtuis · texte numérisé non relu

Fontpcrtuis

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23 février 1708. — Le voyage de Mme de Nancrc avec Mme d'Argenton à Grenoble réussit à la tin assez mal à Nancré, quoiqu'il en eût «ié justifié. Le Roi prit d'autres prétextes, et témoigna à M. le duc d'Orléans qu'il seroit bien aise qu'il ne le suivit point. Lorsqu'il lui demanda qui il mèneroit avec lui, il lui nomma entre autres Fontpertuis, garçon d'esprit, mais oisif et volontaire, qui s'étoit attaché à lui par Mme Sforce et par M. de Ncvcrs, son neveu, dont il étoit ami alors. « Comment? s'écria le Roi, le fils de cette folle qui couroit le pays après M. Arnauld, cette furieuse janséniste! Je ne veux point de cela avec vous. » M. d'Orléans, se prenant à rire, répondit au Roi qu'il ne le connoissoit pas; que, de sa mère, il n'en disoit rien, mais que, pour Fontpcrtuis, il ne croyoit pas en Dieu, bien loin d'être janséniste. « Oh! si cela est, répliqua le Roi, et, du fond du cœur, fort soulagé, je n'ai rien à dire, vous le pouvez mener. » Et en effet il le mena. Le fait alors n'étoit que trop vrai. M. d'Orléans n'en faisoit jamais le récit sans en rire aux larmes. Je ne sais si Fontpcrtuis s'est converti depuis ; mais il acquit des biens immenses au Mississipi, qu'il a bien su conserver, et n'a guères vu M. le duc d'Orléans depuis ses richesses, et se brouilla tout à fait avec M. de Nevers.

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