‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 493 sur 610 · M. le duc d'Orléans à M. Chamillart · texte numérisé non relu

M. le duc d'Orléans à M. Chamillart

« Au camp de San-Benedetto, le 27 juillet.

« Vous avez vu, Monsieur, par ma dernière lettre, que nous nous appliquions à exécuter ce que M. de Vendôme avoit proposé. J'avais embrassé ce projet par déférence pour ses lumières. M. le duc de la Feuillade m'est venu trouver, et je me suis rendu à ce qu'il a souhaité, et ai accepté les offres qu'il m'a faites en échange. Comme vous verrez par la lettre que j'écris au Roi2, dans le temps qu'il pressera son siège, je tournerai toute mon attention à soutenir le fardeau avec mes forces, moindres de dix mille hommes que celles des ennemis. J'ai toujours devant les yeux les malheurs qui pourroient suivre la défaite de l'armée que je commande, et je tâcherai de ne pas commettre les affaires du Roi; mais, s'il faut absolument combattre, j'espère tirer de la valeur des troupes toutes les ressources qui peuvent y être. Mais, avec de la bonne volonté et de la conduite, il faut du bonheur. Il falloit un bon citoyen pour la gaufre où je suis ; aussi je me pique de l'être. Comme vous verrez dans ma dépêche au Roi tout ce que je pense, il seroit très inutile, et très pénible à cause du chiffre, de vous le répéter ici. Ce que je ne vous répéterai jamais assez, Monsieur, est que personne ne vous estime et n'est de vos amis plus que moi.

« Philippe d'Orléans. »

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