Uabbè Dubois à [M. Chamillart
« 8 septembre [1706].
« Les ennemis attaquèrent hier les retranchements de Turin, et les emportèrent. Il est public $ue, si on avoit suivi les conseils de Mgr le duc d'Orléans et son exemple, ce malheur ne seroit pas arrivé. Il essuya tout le feu de l'action, les pieds de son cheval sur le bord du retranchement et menant à la charge les bataillons. Il reçut au commencement un coup assez grand à la hanche, qu'il cacha, et, sur la fin, il en reçut un si apparent au bras gauche, qu'on l'obligea de s'aller faire panser. Le premier coup à la hanche n'est que dans les chairs et n'offense point l'os ; celui du bras gauche est six doigts au-dessus du poignet, et a endommagé un peu l'os. Le coup est de bas en haut et a emporté la peau, et, comme il a coupé des muscles et touché des tendons, cela est fort douloureux; mais il est sûr qu'il n'y a aucun danger : ce qui est assuré par M. Lardy, par tous les chirurgiens de l'armée, et par un très habile médecin, appelé M. Chirac, que nous avons ici.
« Toute sa maison s'est comportée dignement auprès de lui. M. de Saint-Léger, qui a été à l'action, vous rendra compte du détail. Je continuerai à avoir l'honneur de vous rendre compte de sa santé à toutes les occasions qu'il y aura. Monseigneur, ne pouvant pas vous écrire sans se mettre dans une situation qui lui fait de la douleur, m'a ordonné d'avoir l'honneur de vous rendre compte. »