La phrase est incomplète
A l'issue de l'audience que M. de Bezons vient de raconter, le Roi examina les états <!<■ si I nation et décida qu'il n'y avait plus qu'à se mettre en quartiers d'hiver et à renvoyer la rentrée au mois de mai, à condition encore que MM. de Vaudémont et de Médavy pussent se maintenir jusquelà sur le bas Pô. Quant à M. le duc d'Orléans, il ne lui restait qu'à revenir à la cour. « J'entre dans la peine que vous aurez de revenir ici, lui écrivait le Roi1, après avoir fait une campagne aussi désagréable et accompagnée de tous les malheurs auxquels on ne devoit pas s'attendre, et qui ne seroicnt pas arrivés, si vous n'aviez cru devoir prendre conseil de gens qui y ont contribué et qui vous y ont entraîné. Vous avez exposé votre personne avec beaucoup de courage, vous avez proposé tout les bons partis : vous n'avez rien à vous reprocher, et je suis content de vous. »
Quant au prince de Vaudémont, dès la veille, il lui avait été donné ordre d'abandonner le Milanais moyennant accommodement avec les vainqueurs, ainsi que Mirandole et Modène, mais en concervant les châteaux de Milan, Valence et Crémone jusqu'au mois de juin et se maintenant dans Mantoue et le Serraglio.
M. le duc d'Orléans ne s'attendait pas à recevoir de pareils ordres, puisque, le jour même où ils partaient de Versailles, il écrivait encore à Médavy : « Je marcherai incessamment pour aller à votre secours, et j'espère que vous m'en donnerez le temps. Il seroit fâcheux, après avoir tout violenté pour mettre l'armée en état de rentier en Italie, que je n'arrivasse qu'après que votre place (Mantoue) seroit prise. Je suis assuré que vous ferez tout ce qui se peut faire, et je vous y exhorte comme à une chose décisive pour le Milanois.... »
Les ordres du Roi étant arrivés à M. le duc d'Orléans le 30 octobre, il écrivit à Chamillart qu'il allait obéir, mais en ajoutant : « Quoiqu'on me prépare depuis longtemps au parti qui se prend aujourd'hui, et que les difficultés infinies qu'on m'a faites aient dû me faire craindre et m'accoutumer à ce qui arrive, je vous avoue que je ne laisse pas d'être frappé de ce dernier ordre qui met fin à l'espérance que j'avois de réparer es malheurs qui me sont arrivés, et je ne cède, dans cette occasion, à la nécessité que comme on cède à la mort. Il faut se jeter sur l'avenir pour se consoler, et passer un triste hiver en attendant le printemps.... »