LETTRES DU DUC DU MAINE AU GRAND PRIEUR
« A Marly, le 12 mai 1706.
« J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Rome, en date du 20e du mois passé. Je suis ravi de vous savoir arrivé en bonne santé et de voir sur quel ton vous prenez le cérémonial. Je ne puis que vous en louer et l'approuver, surtout vos démarches ayant été concertées avec M. le cardinal de Janson, qui, vraisemblablement, ne les a pas blâmées. Je n'ai point de peine à croire qu'on puisse, sans être bien méchant, faire trembler tout le sacré collège, qui devroit être en effet le plus timide de tous les troupeaux; cependant il est bien fier sur son pailler, et je ne sais si vous pouvez jamais espérer que les cardinaux vous donnent la porte chez eux, ayant ouï dire que le cardinal Médicis refuse cet honneur à son frère même M. le Grand-Duc. Quant à ce qui est du Pape, vous ne sauriez y être trop ferme, l'humilité ne pouvant être poussée assez loin pour pour ne pas aspirer au moins aux prérogatives dont ont joui des Bouillons. Le peu de ménagement que vous avez en cela pour Sa Sainteté peut seulement faire conjecturer que vous ne comptez pas d'en avoir autant de besoin que quelques-uns le disent ici. Il me semble, Monsieur, que vous ne sauriez vous dispenser d'informer M. de Vendôme de votre cérémonial, et même de mettre tout par écrit. Croyez, je vous supplie, que personne au monde ne souhaite plus que moi votre honneur, votre gloire, votre satisfaction, et la continuation de vos bonnes grâces. »
« Le 11 septembre 1706.
« Après vous avoir accusé la réception de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 29 du mois passé, et vous avoir remercié, Monsieur, des marques de la continuation de votre confiance, je vous dirai qu'ainsi que vous me l'avez mandé, j'ai lu la lettre que vous écrivez à M. le marquis de Torcy : vous y montrez quelque vivacité sur M. le cardinal de la Trimouille ; mais tout ce que vous y avez
fut délivré le 15 septembre 1692 : Affaires étrangères, vol. France 276 fol. 306.
1. Ci-dessus, p. 131, fin de note. Ces deux lettres sont tirées du second des registres de la correspondance que Monsieur le Comte de Paris avait daigné me communiquer en 1879, et dont j'ai déjà public plusieurs pièces.