Ci-après, p. 65 et
2. Comme Villeroy à Ramillies (tome XIII, p. 376), comme Villars à Kriedlingue (tome X, p. 499), etc.
3. Dubois avait fait envoyer par M. de Vaudémont une armure de Milan l'épreuve de la balle; aussi le prince ne fut-il touché qu'aux jointures.
\. Saint-Simon conserve la vieille orthographe : penser.
5. Le prince lui-même ne dit pas, dans sa lettre du lendemain (Mémoires militaires, p. 484), qu'il ait pu revenir au combat : « J'a\ois reçu au. commencement un coup à la hanche, que je dissimulai; vers
le terrain, l'ordre, la discipline, tout sembloit de concert pour confondre les François. Trois fois le Guerchoys, avec sa brigade de la Vieille-Marine1, avoit repoussé les ennemis avec beaucoup de carnage, encloué leur canon, et trois fois réparé la bataille, lorsque, affoibli par tout ce qu'il avoit perdu d'officiers et de soldats, il manda à la brigade voisine, qui le devoit soutenir, de s'avancer pour faire front avec la sienne, et l'empêcher d'être débordée par un plus grand nombre de bataillons frais qu'il voyoit venir à lui pour la quatrième fois. Cette brigade et son brigadier, desquels il faut ensevelir la mémoire, le refusèrent
Belle action
de
le Guerchoys,
lâchement
abandonné.
la fin, une seconde blessure au bras gauche me mit hors de combat, et m'obligea d'aller me faire panser. En quittant, je laissai mes ordres à Saint-Frcmond pour retirer les troupes, et je passai le Pô dans ma chaise, escorté d'infanterie et de cavalerie, pour aller à Asti, nous assurer le chemin d'Alexandrie. » Selon le rapport du valet de chambre Saint-Léger, résumé dans les Mémoires de Sourches (p. 170), « le duc d'Orléans se tint toujours sur la ligne quoiqu'il eût déjà reçu un grand coup de mousquet à la hanche au défaut de la cuirasse, une autre légère blessure à la cuisse, et six coups de mousquet dans ses armes; mais, ayant reçu un autre coup de mousquet entre le coude et le poignet gauche, qui lui fit tomber la bride de la main, il fut obligé do se retirer. En ce temps-là, le maréchal de Marcin reçut un coup de mousquet au travers du corps, qui lui cassa les reins, et, étant tombé de cheval, il fut pris par les ennemis, qui forcèrent la ligne en cet instant, et mourut deux heures après. » On verra plus loin l'inexactitude de ce dernier détail. Mme de Maintenon écrivit à Mme des Ursins, le 26 septembre (recueil Gefïroy, tome II, p. 101) : « Les héros, dans les romans, ne poussent pas la bravoure plus loin que ce que M. le due d'Orléans a fait. Il a caché sa première blessure; il fallut cédera la seconde parce que son bras tomba. Il supporta sa douleur avec le même courage; il se fit porter, dans le dessein de marcher en avant. J'ai eu l'honneur de mander à la reine que son avis ne fut pas suivi ; il est inconsolable, et toute l'armée mande que sa vie est en danger par son affliction. Le Roi lui a écrit les choses du monde les plus obligeantes; en vérité, il les mérite bien. » Voyez ci-après, p. 61.
4. C'est toujours le protégé de notre auteur et sa brigade qui ont le beau rôle, ici comme à Cassano (tome XIII, p. 95 et 98); M. d'K>taing rendit bon témoignage (Guerre, vol. 1966, n° 138) de leur conduite, mais sans le détail que nous allons avoir.
M. le duc d'Orléans
veut faire retirer l'armée
en Italie.
Frémissement
des officiers
généraux,
tout net1. Ce fut le dernier moment du peu d'ordre qu'il y eut en cette bataille; tout ce qui suivit ne fut que trouble, confusion, débandement, fuite, déconfiture. Ce qu'il y eut de plus horrible, c'est que les officiers généraux, et de tout caractère, j'en excepte bien peu, plus en peine de leur équipage et de la bourse qu'ils avoient faite2 par leur pillage3, l'augmentèrent plus qu'ils ne s'y opposèrent, et furent pis qu'inutiles4.
M. le duc d'Orléans, convaincu enfin qu'il étoit désormais impossible de rétablir cette malheureuse journée, se tourna à y laisser le moins qu'il se pourroit : il retira son artillerie légère5, ses munitions, tout ce qui étoit au siège et aux travaux les plus avancés, songea à tout avec une si grande présence d'esprit, que rien ne lui échappa6. Enfin,
i. Le régiment de M. le Guerchoys était à la droite, commandée par MM. d'Estaing, de Villiers et de Senneterre. C'est par cette droite, selon la relation de Saint-Frémond (p. 655), que « le malheur arriva, encore bien que le régiment de la Vieille-Marine y ait combattu avec toute la valeur imaginable. » Le comte de Muret (p. 657) dit qu'en se retirant avec sa cavalerie, il arrêta la brigade de la Marine et d'Auvergne, la remit en bataille avec les régiments de Beauvaisis et de Berry, et ne lâcha pied qu'au bout d'une heure. On trouvera dans l'Appendice II quelques lettres d'officiers ; mais aucune ne révèle quelle brigade « refusa tout net. » Serait-ce celle de Fitz-Gerald, ci-après, p. 500?