Ci-dessus, p
4. Réponse à la lettre du 22 février 1705 : Contrôleurs généraux, p. 558- '.V»
- Réponse à la lettre du 25 juin : ibidem, p. S60
Bouville1, beau-frère de Desmaretz, homme humain, intelligent, que désolait la ruine de l'agriculture dans son département. Boisguilbert se rendit aussitôt .ni château de M. de Bouville, une belle demeure dont Saint-Simon nous parlera, et non seulement il fit la conquête du maître du logis, mais môme celle de EU. d'Armenonville : double succès nécessaire « pour triompher de l'opposition de la cour, qui ne vit que de partis, et de la ville, qui ne vit que d'usuriers. » M. de Bouville se déclara prêt à mettre le plan en pratique pourvu que l'on se risquât à doubler la capitation de tous les contribuables sans exception, en place des affaires extraordinaires, et à la tarifer d'après les biens de chacun. Convoqués à leur tour, plusieurs officiers de l'élection de Chartres et les receveurs des tailles se rangèrent sans difficulté à cet avis2; mais il n'en fut pas de même parmi les conseillers ordinaires du Pioi ou parmi ses courtisans. Saint-Simon3 assure que l'affaire manqua par le fait du marquis de Bullion ou de sa femme, qui fit soulager les fermiers qu'elle possédait dans l'élection et détruisit ainsi toute l'écono mie du projet4. Nous voyons aussi dans la correspondance que le premier président Harlay s'opposa absolument à ce que le gouvernement royal fit en sorte de maintenir les blés à un prix suffisamment rémunérateur, ce qui était une des bases de tout le système proposé5; et enlin il arriva une réponse nettement défavorable du grand arbitre des intendances, Bàville, qu'on avait consulté sur le remplacement de la capitation par une sorte de dime ou de dixième proportionnel6. Bâ ville, comme le ministre, estimait que l'urgence des besoins ne permettait pas de chercher des remèdes à longue échéance; que le système de la déclaration du revenu, sur lequel reposerait la contribution personnelle, était impraticable et serait faussé partout, particulièrement dans le monde des rentiers, représentants de la vraie richesse; que les propriétaires fonciers, c'est-à-dire la petite noblesse, étaient surchargés outre mesure ; que d'ailleurs la capitation équivalait déjà à un dixième des revenus7. L'essai de réforme échoua donc par le fait de cette coalition, non pas seulement de malveillants et d'intéressés, mais d'esprits