‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 569 sur 610 · Contrôleurs généraux, tome II, n · texte numérisé non relu

Contrôleurs généraux, tome II, n

7. Il proposait, en fin de compte, d'émettre des renies forcées au denier douze, à raison de quinze millions par an pendant trois ans.

plus pratiques que théoriques, soucieux surtout de ne pas compromettre toute l'organisation existante au beau milieu d'une guerre dont la fin était encore impossible à prévoir.

Dans les lettres qui nous restent de cette dernière période de 4705, et, d'autre part, dans les apostilles qu'elles portent de la main du ministre, on peut suivre les angoisses du Précurseur désespéré, et apprécier aussi les arguments que Chamillart opposait à des propositions de plus en plus vagues, à des assurances chimériques, tandis que les affaires extraordinaires offraient une ressource immédiate, mais à quel prix! « Croyez, lui disait-il, que je crains autant que vous la ruine des peuples. Nous pensons de même sur le reste; mais vos vues ne sont pas si étendues que les miennes, parce que vous n'êtes pas chargé du fardeau.... Malheureusement votre garantie n'est pas assez forte pour répondre de l'objet que vous embrassez; j'en suis chargé en grand, et vous ne l'êtes que dans une petite étendue, qui vous permettait de vous tromper sans courir grand risque. Je suis plus au fait que vous; mes intentions ne sont pas moins bonnes que les vôtres. Donnez-moi quatre-vingts millions effectifs, et nous serons demain d'accord. Si je croyois pouvoir trouver en deux années ce que vous m'offrez en deux heures, je ne chercherois point d'autre secours1.... » Chamlay faisait tout pour apaiser l'un et contenir l'autre; il ne put empêcher qu'un dénouement brusque ne se produisit en 4 706 par la faute de Boisguilbert. Pour la seconde fois, celui-ci voulut en appeler du ministre au public. « Son premier livre n'a eu aucune réussite, on n'y a pas même fait la moindre attention ; l'auteur n'en espéroit pas davantage, la raison en étoit qu'il y avoit encore de l'huile dans la lampe. Mais, aujourd'hui que tout a pris fin faute de matière, on doit présumer un succès moins traversé, parce qu'il y a une nécessité absolue d'accepter ses propositions. » Cette fois, c'est le pays lui-même qui parlera par sa bouche ; ce sera le Factum de la France.

Dans le Détail de 4695, chacun a pu voir quelles étaient alors les causes du mal et à quel degré arrivait déjà la misère; depuis lors, onze années n'ont fait qu'amener les choses au paroxysme, et il n'est plus que temps d'y porter un remède, remède bien simple d'ailleurs, puisque, comme l'auteur le propose depuis si longtemps, c'est purement et uniquement le remplacement de la capitation par une dime proportionnelle combinée avec une sage réforme de la taille.

Le livre parait grâce à la vaillance des mêmes imprimeurs rouennais chez qui le Détail est proscrit depuis 4704 2. C'est un volume in-douze de 242 pages, sans indication de lieu; il contient en appendice le précis

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