‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 588 sur 610 · Tome II, p · texte numérisé non relu

Tome II, p

4. Ibidem, p. 211-212, 219, 221, 225 et 234. Ces rentes furent réduites de deux cinquièmes en octobre 1713.

5. Les Mémoires de Sourches, tome XII, p. 122, 25 novembre 1709, en citent un curieux exemple. Pour la première fois, en 1710, on appliqua le nom & agioteurs aux gens qui faisaient ces spéculations (ibidem, p. 404).

Pour satisfaire une vieille rancune dont il ne se cachera point d'ailleurs2, et dans laquelle il se plaît à englober ensemble les trois premiers présidents Novion, Harlay et Mesmes3, Saint-Simon a répété, chaque fois que l'occasion s'en présentait, quelques-uns des détails du portrait de Harlay, « vil et détestable esclave du crime et de la faveur, » que nous avons ici dans toute sa plénitude4. Il en a souvent varié les formules, selon son habitude, mais jamais le fond, et sa haine a toujours trouvé des accents si véhéments, si convaincus et persuasifs, que l'histoire a tout adopté en bloc. Nous ne pouvons cependant laisser passer sans quelques observations ce débordement d'accusations envenimées et injustifiées; comme nous l'avons déjà fait en de pareils cas, il faut, tout au moins, indiquer, par une comparaison impartiale, quelles sont celles que les autres témoignages contemporains confirment, et celles, au contraire, qu'ils infirment ou atténuent.

Déjà, Depping, dans la Préface du tome II de la Correspondance administrative*, puis Chéruel, dans Samt-Simon considéré comme historien de Louis XIV6, ont réuni nombre de documents favorables et d'attestations élogieuses ; mais les uns et les autres s'appliquent plutôt au magistrat et à l'homme public qu'à l'homme privé, et, ces deux ' historiens, dans leur zèle à réfuter Saint-Simon, n'ont pas non plus cherché à dégager ce qu'il pouvait y avoir d'ironie cachée sous certaines hyperboles, par exemple chez Mme de Sévigné, qui ne manque pas à enfler sa voix pour célébrer dignement une si « belle âme7. »

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