‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 59 sur 610 · Rendoit est bien au singulier · texte numérisé non relu

Rendoit est bien au singulier

\. Danaeau, p. Wt; Sou relies, p. 170. Comparez le Parallèle, p. 279- "280. — Voici comment le duc lui-même raconta les faits au Roi dans sa lettre du 14 (Mémoires militaires, p. 287) : «« Lorsqu'il n'y eut plus rien à espérer du combat, je ne pensai qu'à me rapprocher du Milanois avec l'armée, et je passai le Pô pour prendre les hauteurs de Moncalieri et me porter à Alexandrie par la plaine de Villanova-d'Asti ; mais je trouvai au bout du pont d'Arène, lieutenant général, qui m'arrêta en me disant que les ennemis occupoient Moncalieri et Chien; et, sur ce que je dis que c'étoit apparemment des paysans et de la milice, qu'il falloit chasser, il me dit qu'il y avoit un corps de troupes réglées, parmi lesquelles étoit le régiment de la Croix blanche, et <pic M. le duc de Savoie y étoit en personne ; ce qui n'étoit pourtant pas vrai; il ine présenta un officier, qui médit en venir et y avoir

Telle est l'histoire de la catastrophe d'Italie. On sut depuis que tout le rapport de cet officier mené par d'Arène étoit entièrement controuvé1, qu'il n'y avoit personne dans aucun passage pour disputer celui d'Italie, pas même le moindre obstacle2, et, pour combler les regrets, l'avantage que Médavy remporta deux jours après3, par lequel, en arrivant, M. le duc d'Orléans se fût trouvé maître absolu de toute la Lombardie, et d'acculer sans ressource le prince Eugène entre lui et la Savoie, que nous tenions : c'est ce qui combla la douleur de ce prince en arrivant à Oulx\ au milieu des Alpes, où il étoit en sûreté entre5 ses quar-

vu les troupes. Ainsi, ne pouvant compter ni sur la cavalerie de la droite, qu'on dit s'être retirée du côté de Chivas, ni sur l'infanterie que Muret commandoit, ni sur celle d'Albergotti, que les ennemis occupoient sur les hauteurs, je me vis dans la nécessité d'écouter ceux qui me proposoient de rassembler l'armée sous Pignerol pour profiter des magasins qu'on supposoit que M. le duc de Savoie y avoit fait faire, et des voitures que l'on pourroit tirer aisément du Dauphiné. Si c'est un bien, dans la suite, pour le service de S. M., j'en cède l'honneur et le mérite à tout autre qu'à moi ; mais, si on ne m'avoit pas convaincu qu'il étoit impossible de faire passer l'armée jusqu'à Casai ou Alexandrie sans le secours ordinaire des vivres, et que, n'ayant presque point de cavalerie, et les ennemis en ayant un grand corps, l'armée seroit trop exposée dans cette marche, j'aurois tenté ce passage. »

1. L'auteur du Journal historique du siège sut (p. 440) que ce bruit d'occupation de Moncalieri par les dragons de Savoie avait fait rebrousser chemin. Quincy dit également (Mémoires militaires, p. 669-670) que « ce parti entraîna la perte de l'Italie pour le Roi, et fut d'autant plus fâcheux, qu'on reconnut dans la suite que le rapport étoit faux. »

2. L'ennemi vainqueur était resté sur le champ de bataille, ne pensant qu'à jouir de son succès et de la délivrance de Turin. La journée, d'ailleurs, lui avait coûté six mille tués ou blessés.

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