Ces dix derniers mots sont en interligne
4. Faut-il supposer que silence ait été oublié ici parmégarde?
La dernière phrase de cette manchette est d'une autre encre que lé
reste
qui,
parleurs ruses,
leur audace,
leur
désobéissance ,
le forcent
enfin
à la retraite
en France.
Motif d'une
si étrange
conduite*.
temps, il se jeta dans sa chaise de poste. Il continua ainsi la marche et traversa le Pô sur le pont, entendant derrière lui des officiera généraux qui murmuroient tout haut du parti qu'il prenoit, désespérés de se revoir en Italie et sans communication avec la France, qui leur tenoit si fort au cœur1. Ce bruit alla même si loin, surtout de l'un d'entre eux, que le duc d'Orléans, trop justement irrité, ne put s'empêcher de passer sa tête par la portière, de lui reprocher sa maîtresse par son nom, et de lui dire que, pour ce qu'il faisoit à la guerre, il feroit mieux de rester avec elle. Cette sortie fit taire chacun. Mais il étoit arrêté que l'esprit d'erreur et de vertige déféroit seul notre armée, et sauveroit les alliés. Comme on débouehoit le pont du côté d Italie, d'Arène, major général et officier général2, vint à toute bride de vers la tête du corps d'Albergotti : il présenta un officier à M. le duc d'Orléans, lui dit que les ennemis occupoient les passages par où il étoit indispensable de passer. Sur les questions du prince, l'officier l'assura que ce poste3 étoit bien retranché, occupé par le régiment de la Croix blanche4, dont, entre autres, il avoit bien
1. On trouve la même accusation jusque dans les lettres du Roi à son neveu. Voyez aussi ci-après, p. 509, la lettre de Vaudémont.
2. François de Pierre, marquis d'Arène, capitaine d'infanterie en 1666, servit sous Turenne, devint major de son régiment en 1678, fut major général de l'armée de Roussillon en 1689 et de l'armée d'Italie depuis 1690 jusqu'à la tin de la guerre, inspecteur général de l'infanterie de novembre 1691 à novembre 1693, brigadier en 1696, reprit les fonctions de major général à l'armée d'Italie en 1700, se distingua à la surprise de Crémone et fut récompensé par le grade de maréchal de camp, puis fut rétabli inspecteur général en 1703, fonctions qu'il quitta en octobre 1704 pour prendre le gouvernement d'Ivrée et du Val-d'Aoste, et fut créé lieutenant général le 26 octobre de la même année. Il passera à l'armée d'Espagne, après l'évacuation et y servira sous le duc d'Orléans, enfin ira de 1710 à 1712 à l'armée de Dauphiné, sous Berwick, et mourra en 1713- (Chronologie militaire, tome IV, p. 587-589). — Notre auteur écrit ici ce nom Arennes, plus loin A renés et Araisnc.
» 3. De Moncalieri.
4. Ce régiment, ainsi nommé des armoiries de la maison de Savoie,
reconnu les drapeaux, et qu'il se crojoit sûr aussi d'y avoir reconnu la personne de M. le duc de Savoie. Malgré un rapport si positif, le prince, en trop juste défiance après tout ce qu'il avoit vu et entendu sur ce parti d'Italie, voulut qu'on continuât la marche, quitte à revenir si les passages se trouvoient occupés de manière à ne pouvoir forcer et' passer. On continua, et, en attendant, on envoya les reconnoître. Les officiers généraux n'en voulurent pas être les dupes. Le chemin vers nos Alpes étoit sans danger; ils le firent prendre, et depuis continuer à ce qu'on avoit de vivres et de munitions : tellement qu'après une demi-journée2 de marche et des rapports des passages fort équivoques, on avertit M. le duc d'Orléans qu'il n'avoit ni vivres ni munitions, qui, ayant pris et continué la route du côté de France, lui rendoit3 celle d'Italie impossible, que d'ailleurs on lui maintenoit toujours fermée par les ennemis. La rage et le désespoir de tant de criminelles désobéissances, pour ne pas dire de trahisons redoublées, jointes à la douleur de sa blessure et à la foiblesse où il se trouvoit, le firent retomber au fonds de sa chaise, et dire qu'on allât donc où on voudroit, et qu'on ne lui en parlât plus 4.
fut en effet envoyé par le duc Victor- Amédée, avec ceux de Saluées et de Savoie, dans le Val-d'Aosfe.