‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 592 sur 610 · Lettre du 23 juillet; tome III, p · texte numérisé non relu

Lettre du 23 juillet; tome III, p

9. Mss. Fr. 12 690, p. 43, et 12 691, p. 173-175; le Nouveau siècle tic- Louis XIV, tome IV, p. 243 et 245.

façon, ambitieux, envieux, méchant, etc. Ces textes-là ont dû être connus de Saint-Simon.

Je ne rappellerai que pour mémoire les dédicaces de Santeul et les éloges hyperboliques de Jean de la Fontaine : ceux-ci durent gêner quelque peu la gravité du magistrat1.

Voici maintenant quelques témoignages sur le rôle public du magistrat. J'ai déjà cité les Mémoires deSourches, ou plutôt leur annotateur. Leur auteur, en juin 1682, nous révèle, contrairement à toutes les allégations de Saint-Simon, que Harlay, alors procureur général, batailla pour empêcher que la souveraineté de Dombes ne fût constituée au profit du bâtard dans des conditions d'exception et non conformes aux lois2; l'annotateur a ajouté encore3 : « Il avoit accoutumé de mettre dans ses conclusions : Je n'empêche pour le Roi; et il mit dans celle-ci : Je ne puis empêcher pour le Roi. » Les mêmes Mémoires rapportent aussi4 qu'en 1686, M. de Montchevreuil ayant été indignement reçu par le procureur général parce qu'il était allé le solliciter au Palais faute de pouvoir pénétrer jusqu'à son cabinet, dans sa maison, Mme de Maintenon exigea des excuses pour son favori et pour ellemême, et que Harlay dut s'exécuter d'autant plus vite qu'il commençait à sentir de la jalousie chez les ministres.

Très gallican, et activement mêlé aux affaires de 1682 5, Harlay ne fut pas peu fier du rôle que son cousin, l'archevêque de Paris, y joua6. Un recueil du temps nous a conservé ces deux boutades contre les ultramontains. Un jour que l'avocat Vaillant parlait de l'autorité souveraine du Pape, il le reprit en disant qu'il prit garde à ce qu'il avançait là. L'avocat répliqua : In spiritiialibus. Le premier président reprit : Etiam in spiritualibus, nam Ecclesia non regitur auctoritate, sed canone. Et il ajouta qu'un avocat français devait se souvenir qu'il

1. Voyez, dans les Œuvres, tome VIII, p. 347-351, la dédicace des deux volumes publiés en 1685, en collaboration avec le chanoine Maucroix, et tome IX, p. 452-454, les vers sur le changement ministériel d'octobre 1G89. Mathieu Marais {Mémoires, tome III, p. 29) faisait remarquer qu'un homme si austère avait bien accepté la dédicace de ces volumes du conteur.

2. Le fait est mentionné aussi dans les Mélanges du conseiller bourguignon de Lamare, ms. Fr. 23 251, n° 1088, avec cette addition que le Roi sut très bon gré à Harlay de lui avoir rapporté les lettres patentes, et qu'il donna à son fils la survivance de procureur général. On peut voir dans la notice Harlay de Y Histoire généalogique, t. VIII, p. 799, que le père de notre premier président, étant, lui aussi, procureur général, avait donné deux terres à un bâtard de son propre frère (Charles de Harlay, baron d'Illins, capitaine de cavalerie, mort enlG3G), pour que la fille de ce bâtard pût se marier.

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