Le corrigé en les
5. Petite ville, entre Savillan et Carmagnole, qui avait donné son nom à une branche de la maison de Savoie. — M. de Carignan avait avec lui Mlles de Soissons, le marquis de Suse et une suite de dames.
6. Oneglia, marquisat et belle vallée de la côte de Gênes, appartenait au duc de Savoie et lui donnait trois cent mille livres de revenu selon Dangeau (tome IV, p. 87).
7. Journal historique du siège, p. 48-49. — Le marquisat de Savone (tome III, p. 4), ancienne possession des Saluées, appartenait aux Génois, qui, sur la demande des princesses, envoyèrent le marquis de Rivarolles et cinq galères pour les y amener d'Albenga.
8. Les deux premières lettres de siège surchargent un x qui finissait le mot précédent. Ensuite, avant lâcha, l'auteur a biffé un d.
9. Pierre Bouchard d'Esparbès de Lussan, comte d'Aubeterre, de la branche cadette, né le 15 juin 1657, servait depuis 1675, mais n'avait été fait capitaine de cavalerie qu'en 1689, sous les maréchaux de Duras et de Lorge, mestre de camp en 1693, brigadier de carabiniers et capitaine de la ville de Crest en 1694, brigadier d'armée en 1696, maréchal de camp en 1702, lieutenant général en février 1704. C'était un des familiers du duc de Vendôme. Nommé gouverneur de Collioure en 1707, il cessa de servir en 1712, se démit de son gouvernement au profit de son petit-fils en 1747, et mourut à Paris le 17 janvier 1748 (Chronologie militaire, tome IV, p. 585-587).
continuellement de retraite et de route. Il pensa pourtant plus d'une fois y être attrapé, et cependant menoit une vie errante, misérable et périlleuse. Aubeterre battit1 son arrière-garde, et prit un fils du comte de Soissons2, un capitaine des gardes de M. de Savoie et une vingtaine d'officiers3. Là-dessus, laFeuillade, follement buté à la capture de M. de Savoie, et qui n'en vouloit pas laisser l'honneur à un autre, quitta encore le siège et se remit après; mais M. de Savoie se* moquoit de lui. Ce prince ne laissa pas de se trouver longtemps dans les plus fâcheuses extrémités, qu'il soutint avec un grand art et un grand courage. Cette conduite de la Feuillade harassa8 toute sa cavalerie, et mit à bout son infanterie par tous les divers détachements qu'il en fit à droit et à gauche, et par la fatigue trop redoublée de celle qui restoit au siège. C'étoit une étrange folie que voler le papillon6 aux dépens de l'objet si principal de prendre Turin, et si pressé, qu'une heure étoit précieuse dans la crainte de l'arrivée du prince Eugène, à qui ces lenteurs donnèrent tout le temps qui lui fut nécessaire7, et la négligence, la paresse, l'opiniâtreté, l'incurie de M. de Vendôme pour un pays qu'il alloit quitter, toutes les facilités dont il sut bien profiter pour passer le Pô malgré lui8,