‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 65 sur 610 · La première lettre d'enfin surcharge l[a · texte numérisé non relu

La première lettre d'enfin surcharge l[a

3. Ce substantif, relevé par Littré, est ajouté en interligne, au-dessus le coup, biffé. Comparez, ci-après, p. 265, « un mot assommant ».

4. Agents est en interligne, au-dessus de causes, biffé. — Les alliés

Marcin, gagnant cette cassine éloignée où il fut conduit, demanda une seule fois si M. le duc d'Orléans étoit tué. Arrivé là avec un aide de camp et deux ou trois domestiques, il envoya chercher un confesseur, dicta quelque chose sur ses affaires, mit dans un paquet pour M. le duc d'Orléans la lettre que ce prince avoit écrite1 au Roi contre lui, et qu'il lui avoit lue et confiée pour l'envoyer luimême2, ne voulut plus ouïr parler que de Dieu, et mourut dans la nuit3. On trouva parmi ses papiers des misères

Mort

de Marcin

prisonnier;

son extraction,

son

caractère.

virent aussi une faveur insigne du ciel dans leur succès inespéré : Gazette d Amsterdam, Extr. lxxviii.

1 . Ecrit, dans le manuscrit. — 2. Ci-dessus, p. 47, et Add. et corrections.

3. Sourches, p. 180; Mercure d'octobre, p. 172-179. Dangeau ne dit mot de cette mort. Voltaire (Siècle de Louis XIV, p. 371) raconte avoir su d'un témoin oculaire, l'Anglais Paul Methuen, que Marcin, étant pris, lui dit : « Croyez au moins, Monsieur, que c'a été contre mon avis que nous vous avons attendus dans nos lignes. » Et Voltaire ajoute qu'en effet le maréchal, en prenant congé du Roi, avait représenté la nécessité d'aller à l'ennemi en cas qu'il vint au secours de Turin, mais que Chamillart avait obtenu qu'on attendrait la bataille, au lieu de la présenter, et que Marcin, dans le conseil de guerre du 1er septembre, n'avait fait que se conformer à cette décision. Voltaire dit encore que Marcin mourut après avoir été amputé d'une jambe par le chirurgien du prince Eugène; mais le Journal historique du siège raconte cette mort tout autrement (p. 144-145), et plus en conformité avec notre texte. Porté dans une pauvre maison proche du champ de bataille, et protégé par une garde que le vainqueur y avait mise, mais non amputé, Marcin dictait une lettre pour la cour de France, lorsque l'explosion d'un dépôt de poudre voisin remplit la maison d'une épaisse fumée et l'étouffa. L'historien du prince Eugène ajoute : « On lui a fait dire en mourant que, si quelque chose pouvoit effacer en son cœur le regret de la vie, c'étoit de ne pas survivre à la gloire des armes du Roi son maître. Je doute du fait; ce sentiment n'étoit point assez digne du maréchal de Marcin.... » — Les lettres que celui-ci dicta dans ses derniers moments, et qu'il signa d'une main défaillante, furent envoyées par son premier secrétaire, nommé du Chesnay, et elles sont au Dépôt de la guerre, vol. 1966, n09 391-393 : il suppliait le Roi et Chamillart de faire acquitter les délies qu'il avait contractées pour les deux dernières campagnes. Il mourut, dit le secrétaire, « en héros chrétien, » deux heures après avoir dicté ces lettres, vers la fin de la nuit du 7 au (S, inhumé dans la cathédrale de Saint-Jean, avec une belle épit&phe.

innombrables, et un amas de vœux plus que surprenant1, un désordre immense2 dans ses affaires, et des dettes que six fois plus de bien qu'il n'en avoit n'eût jamais payées3. C'étoit4 un extrêmement petit homme, grand parleur, plus grand courtisan, ou plutôt grand valet, tout occupé de sa fortune, sans toutefois être malhonnête homme8, dévot à la flamande, plutôt bas et complimenteur à l'excès que poli, cultivant avec un soin6 qui l'absorboit tous ceux qui pouvoient le servir ou lui nuire, esprit futile, léger7,

1. Est-ce une allusion à cette autre lettre qu'il avait confiée à son confesseur, la veille de la bataille, pour être remise, s'il succombait clans cette campagne, et qu'on a insérée dans les Mémoires militaires, p. 277-278? Il disait à Chamillart : « Depuis que j'ai reçu les ordres du Roi, que vous m'avez envoyés, pour passer en Italie, je n'ai pu gagner sur mon esprit que je ne sois tué dans cette campagne, et la mort, par un effet de la miséricorde de Dieu, se présente à moi chaque moment, et m'occupe le jour et la nuit. Depuis que je suis en ce pays, rien ne me peut assurer du contraire, que l'espérance en Dieu. » L'éditeur des Mémoires militaires conclut de ce texte que l'obstination de Marcin contre le sentiment du prince résulta uniquement d'un affaiblissement mental du maréchal, et non d'un ordre secret à lui donné par Chamillart. — Une note inscrite en marge ferait douter de l'authenticité de cette lettre ; cependant on en trouve encore une autre au Dépôt de la guerre, vol. 1966, n° 458, écrite dans le même sens, et de la même main, a un ami. Toutes deux furent envoyées à Chamillart par le confesseur du maréchal, frère Charles de Pontivy.

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