Saisir est en interligne
6. Ce château fort, à Ventrée de la vallée d'Aoste et sur le cours très
la communication et le retour en Italie par lvrée. La Feuillade, qui s'étoit chargé de ce détail, voulut aller avec le détachement, le retarda à partir de deux jours, et n'oublia qu'à lui faire prendre le pain qui lui étoit destiné. Il fallut donc s'arrêter dès le second jour, pour en envoyer quérir. Il est difficile de comprendre le dépit de M. le duc d'Orléans, qui étoit dans son lit, et qui comptoit le détachement bien loin, d'apprendre ce retardement et cet oubli du pain qui l'arrêtoit encore, et la promptitude avec laquelle il y remédia. Le pain arrivé, le détachement continua sa route ; mais il ne marcha pas longtemps sans être averti que les ennemis s'étoient emparés du château et du passage de manière à n'en pouvoir être dépostés, et qu'ils l'avoient prévenu de vingt heures : tellement que ce fut au retardement de la Feuillade et à son incroyable négligence sur ce pain que ce dernier malheur fut encore dû1. La Feuillade n'eut donc de parti à prendre que celui de retourner sur ses pas. Peu de jours avant la bataille, il avoit fort mal traité Albergotti, qui s'étoit licencié sur la lenteur du siège à n'approuver pas les courses du général après le duc de Savoie : quelques gens se mirent entre-deux. Dès le lendemain, l'Italien, fort en peine sur Chamillart, alla chez son gendre, le prier d'oublier ce qui s'étoit passé la veille2. La Feuillade, arrivant de ce beau détachement à
étroit de la Doirc baltée, est bien connu pour avoir été pris par nos soldats en 1800, après qu'il eut arrêté pendant huit jours la marche de Bonaparte descendant du mont Saint-Bernard. — Ici, Bar.
1. Bard avait été occupé par les troupes de Savoie dès le 17 ou le 20 septembre. Vibraye, qui avait trois mille quatre cents hommes, trouva tout dévasté, se contenta de lever des contributions, et, repoussé par l'ennemi le 7 octobre, se retira en Tarentaise (Gazette (V Amsterdam, n09 lxxx-lxxxvi; Guerre, vol. 1967, n09 43 et 61-63).
2. Dans la lettre déjà citée p. 45, note 5, après avoir expliqué son vote au conseil de guerre du !•* septembre, il s'excusa, « n'ayant pas été à portée d'être consulté, » de n'avoir fait qu'exécuter l'ordre d<> ramener ses troupes sous Pignerol, avec celles de d'Arène, et l'on a vu également (p. 61, note 6) qu'il eut soin de dégager sa responsabilité quant à la retraite sur Pignerol.
Prises
de la Feuillade
avec
Albergotti.
Oulx1, y trouva M. le duc d'Orléans dans un état périlleux, qui le devint bien davantage par tous les soins qu'il se donnoit à reposer, assurer, nourrir et raccommoder ses troupes avec des peines et des dépenses extrêmes par le peu de secours qu'il recevoit de la cour, ne respirant que de rentrer en Italie2. La Feuillade se trouvant dans la chambre de M. le duc d'Orléans avecAlbergotti et d'autres, ce prince, de nouveau outré du succès de ce détachement, ne put s'empêcher de leur reprocher à tous deux leur désobéissance à demeurer sur la hauteur des Capucins. Tous deux voulurent répondre; mais M. le duc d'Orléans, qui n'avoit pu retenir cette plainte et le reproche trop véritable qu'ils étoient causes de la perte de la bataille, et qui se sentoit assez ému pour se craindre soi-même à la réplique, les pria qu'il n'en fût pas parlé davantage. Sassenage3 et le peu d'autres qui se trouvèrent à la ruelle du lit les en écartèrent, et les poussèrent grommelant l'un contre l'autre, et dont la voix s'élevoit à mesure qu'ils s'éloignoient du lit. Ils n'étoient pas au bout de la chambre, qu'Albergotti dit assez vivement à la Feuillade que c'étoit lui seul que ce reproche du prince pouvoit regarder, puisque lui n'avoit fait qu'obéir à ses ordres, de lui la