Le. lieutenant des gendarmes du prince : tome II, p
Feuillade : sur quoi, celui-ci lui répondit net que cela n'étoit pas vrai, le poussa en même temps, et mit la main à l'épée. Albergotti, rougissant de colère, marmotta entre ses dents, et recula deux pas. Sassenage, Saint-Frémond et quelque1 autre se jetèrent entre-deux, les tirèrent hors de la chambre, et leur demandèrent s'ils savoient en quel lieu ils étoient, et si la tête leur avoit tourné. M. le duc d'Orléans, de dedans ses rideaux, ou n'entendit pas, ou n'en fit jamais semblant. Chacun emmena son homme, fort en peine de ce qui arriverait après; mais il ne se passa rien entre eux en aucun temps. La valeur d'Albergotti ne fut jamais douteuse2; mais il étoit Italien, et la Feuillade étoit le gendre bien-aimé de Ghamillart, qui ne laissa pas, quoique fort brave aussi, d'être fort aise3 que l'autre se montrât si bonne personne4. Cette aventure ne laissa pas de leur faire grand tort à tous deux, non sur la valeur, car leurs preuves étoient faites et complètes, mais sur l'honneur : à l'un, d'avoir osé démentir une vérité trop connue à toute l'armée, et qui en avoit été la perte dans le temps de la bataille; à l'autre, de l'avoir avalé et digéré si doux5. Cependant la Feuillade, hors de soi de tant d'af- Désespoir
1. Le premier q, écrit d'abord avec l'abréviation ordinaire de que, a été corrigé en quel.
2. Haut, dur et plein d'humeur, mais actif, valeureux et ayant beaucoup d'acquis, dit Fénelon.