D'estre fort aise est en interligne
4. 11 est parlé de ces discussions dans le récit de Quincy, p. 179-480, mais sans tous les détails que nous avons ici, et il n'y on a pas un mot dans le Journal de Dangeam.
5. La Feuillade écrivit tout de suite, le M et le 45, à son beaupère (recueil Esnault, tome II, p. 130 et 13°2) : « Vous ne pouvez imaginera quel point la noirceur de vos ennemis a été et ce qu'Albergotli a remué contre vous et contre moi. C'est de M. l'abbé Dubois dont il s'est servi, en me misant toujours beaucoup d'honnêtetés en apparence, malgré les insultes que je lui ai faites. >» — « Ne me refusez pas la salis faction d'employer votre crédit pour que le plus perfide des hommes, qui est M. d'Albergotti, n'ait pas le plaisir de surprendre S. M. après avoir été cause d'un malheur qui couvre de honte la France. » Au reçu de ces lettres, le ministre répondit par une semonce des plus dures
Feint ou vrai de
la Fcuillado.
freuses sottises entassée», dépêche un courrier à Chamillart, lui envoie la démission de son gouvernement de Dauphiné, et lui mande qu'il est indigne de son estime, des grâces du Roi, et de voir le jour1; le lendemain, obtient permission de M. le duc d'Orléans de s'en aller à Àntibes profiter de l'occasion de quelques2 bâtiments qui passoient à Gênes, pour se rendre de là auprès de Médavv, et là*, servant sous ses ordres et se mettant à tout, se rendre digne qu'on oubliât ses fautes4. Chamillart, toujours également affolé de son gendre5, lui renvoya son courrier et sa démission, qu'il s'étoit bien gardé de montrer, le caressa par sa réponse, l'encouragea, et lui remit la cervelle. Ceux qui surent cette désespérade6 ne doutèrent pas qu'elle ne
pour Albergotti, en l'accusant d'avoir contribue à retenir et empêcher l'exécution des mouvements proposés par le prince (Guerre, vol. 1966, n° 455, minute du 23 septembre). De son côté, Albergotti s'était fait autoriser à passer à l'armée de Flandre ; mais le duc d'Orléans écrivit qu'il lui était nécessaire pour sa connaissance du pays et de l'infanterie, et le Roi retira l'ordre primitif (vol. 1967, n°° 57 et 107).
1. Sa lettre, datée du 9, est restée dans les papiers particuliers du ministre, et elle a été publiée dans le recueil de l'abbé Esnault, tome II, p. 129-130 : « Je gémis, mon cher beau-père, pour le Roi, pour la France et pour vous. Les décrets de Dieu sont immuables, et sa main est quelquefois bien pesante. Je suis honteux de vivre, quoique je n'aie rien à me reprocher. Je ne porterai de ma vie épée, et j'espère vous embrasser incessamment. Je me démets du gouvernement de Daupliiué, sur lequel je demande à S. M. de m'accorder vingt-quatre mille francs de pension à cause du mauvais état où vous savez que sont mes affaires. J'aurai plus de bien qu'il ne m'en faut pour entretenir des regrets jusqu'à la mort. » C'est bien le sens, sinon les termes rapportés par Saint-Simon, qui a dû connaître cette lettre entre les mains de Chamillart. Dangeau n'en a rien su.