Trois surcharge de[ux
4. Saint-Léger arriva le 14, au matin, à Versailles (ci-dessus, p. 61); mais, le 11, Dangeau note (p. 203) qu'on « est fort étonné de n'avoir point de nouvelles de Turin depuis le 1er, » et, le 12, les Mémoires de Sourches disent (p. 169) qu' « on étoit dans de continuelles attentes d'avoir des nouvelles d'Italie, y ayant plus de dix jours qu'on n'en avoit reçu aucunes lettres, ce qui faisoit courir une infinité de fâcheux bruits dans le public, comme, par exemple, que le marquis de Langalerie avoit jeté du secours dans Turin.... » C'est, sans doute, un bruit analogue qui fut apporté jusqu'à la Ferté- Vidame; mais on remarquera encore ici cette tendance à voir des faits extraordinaires et merveilleux. TI fallait ordinairement de cinq à sept jours pour qu'un courrier arrivât du camp devant Turin à la cour, comme on l'a vu plus haut; ce fut le cas de Saint-Léger. A Milan, à cause de l'interruption des communications, on ne sut la bataille que le 10; elle fut connue en gros à la Haye le 14, et les correspondances de Turin parurent dans la Gazette d'Amsterdam, le 21 et le 24.
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appuyer la certitude, et sans que nous l'ayons jamais revu depuis, car il mourut fort tôt après. Je1 fus vivement touché de ce malheur arrivé entre les mains de M. le duc d'Orléans, quoiqu'elles en fussent parfaitement innocentes. La fièvre me prit; je m'en allai à Paris sans m'arrêter à Versailles, pour éviter l'empire de sa faculté2. Nancré, Nancré dépêché avec le détail, y arriva presque en même temps3. apPorte Quoique je ne le connusse point du tout, je lui envoyai de la bataille dire que j'étois hors d'état de l'aller trouver, et que je le de Turin, priois de venir chez moi. Il y vint aussitôt : il avoit ordre de me voir. Nous fûmes deux bonnes heures tête à tête4. Il m'apprit que le Roi rendoit une pleine justice à son neveu, et me pressa de lui écrire sans nul ménagement. Je n'en eus pas besoin : le public équitable, la cour même, malgré ses jalousies, décernèrent des lauriers à sa défaite, et relevèrent d'autant plus que la fortune l'avoit voulu5 abaisser. Ce fait est aussi mémorable que singulier, et je ne crois pas qu'il y ait d'exemple de tant et de si unanimes louanges dans un malheur aussi complet6. Tout le cri tomba sur Marcin, et, nonobstant Chamillart, sur la Feuillade.
Quoique les ennemis, contents de leur succès, ne se fussent opposés à rien de la retraite, il est pourtant vrai que le gros canon de batterie ne put être emmené. L'abbé