‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 72 sur 610 · Quelque n'a pas le pluriel. — 3. Là surcharge une s · texte numérisé non relu

Quelque n'a pas le pluriel. — 3. Là surcharge une s

4. Ceci fut su à la cour, et Dangeau le rapporte à la date du dernier septembre. Voyez ci-après, p. 94.

5. Voyez ci-après, aux Additions et corrections, une citation de lettre du ministre.

6. A la désespérade, emprunté à l'italien ou à l'espagnol, signifie « à la manière d'un désespéré, » et est du style familier (Académie, 1718).

fût un jeu pour faire pitié à son beau-père et au Roi même, qu'il comptoit bien qu'il ne sauroit rien de sa démission, au moins qu'à coup sûr pour lui. En même temps M. le duc d'Orléans reçut des réponses et des ordres favorables à son désir de repasser en Italie1. Il étoit tenu à Chamillart, content d'avoir humilié la Feuillade, à la vérité content à bon marché : il lui envoya un courrier pour lui apprendre les ordres qu'il venoit de recevoir, l'empêcher de s'embarquer, et le faire revenir à Briançon, où il alloit dès qu'il pourroit être transporté, et repasser avec l'armée, plutôt que s'en aller seul et devant par Gênes. La Feuillade, ravi de se voir moins mal avec ce prince qu'il n'avoit lieu de le croire, ne se le fit pas dire deux fois, et s'en alla à Briançon2. Ce fut où Bezons joignit M. le duc d'Orléans3. 11 avoit commandé sous lui la réserve, puis avoit été mis par le Roi auprès de lui lorsqu'il avoit commandé la cavalerie*. M. le duc d'Orléans avoit pris de l'estime et de l'amitié pour lui. 11 servoit cette année sur les côtes de Normandie parce que sa santé ne lui avoit pas permis mieux5. M. le duc d'Orléans le demanda au Roi, qui le lui accorda, et Bezons, en meilleure santé et flatté

1. Lettre de Chamillart, 18 septembre, publiée dans les Mémoires militaires, p. 296-297; lettres du Roi et de Chamillart, 21 et 30 septembre, vol. Guerre 1966, n09 449, 452, 490 et 491 ; extraits de la correspondance, ci-après, p. 507 et suivantes. Le ministre déplorait amèrement la retraite sur Pignerol.

2. Lettre de Chamarande, vol. Guerre 1966, n° 489. Ces faits sont enregistrés par Dangeau à la date du 7 octobre, p. 225. Voyez la suite p. 92.

3. Nous avons vu, en dernier lieu, M. de Bezons, nouveau lieutenant général, faire la campagne de 1704 sous le duc de Vendôme, en Italie.

4. A Steinkerque et à Nerwinde : Chronologie militaire, tomes I, p. 590, et III, p. ISS.

5. Il est revenu après la prise de. Verue, pour rétablir sa santé, et a été nommé commandant au Havre et sur les côtes, à la place de M. de Beuvron, par pouvoirs des 27 avril et 16 mai 1705, puis en haute Normandie, au gouvernement du Havre et de la Picardie jusqu'à Calais, par pouvoirs du 5 juillet 1706 : Mémoires militaires, tome V, p. 26S; Dangeau, tomes X, p. 515, et XI, p. 148; Sourehes, tome IX, p. 252; Guerre, vol. 1896, n° 588.

Origine

de l'amitié

de M. le duc

d'Orléans

pour

Bezons,

qui

le demande.

Bezons le joint

venant

des côtes

de Normandie.

lui

fut pos-

Promptitude incroyable

avec laquelle

j'apprends les malheurs devant Turin.

de ce souvenir, l'alla trouver le plus tôt qu' sible'.

J'étois allé passer un mois à la Ferté; j'y recevois les nouvelles d'Italie, que M. le duc d'Orléans me faisoit envoyer avec soin, et des lettres de sa main, quand il ne vouloit pas que ce qu'il me mandoit passât2 par d'autres. J'étois donc pleinement instruit des malheurs qui s'y préparoient, et fort inquiet, lorsqu'un gentilhomme, arrivant de Rouen chez son frère tout auprès de chez moi, y vint comme nous nous promenions, Mme de Saint-Simon et moi, dans le parc, avec du monde, et nous raconta le désastre de Turin avec les circonstances exactes sur M. le duc d'Orléans, sur le maréchal de Marcin, et sur tout le reste, telles que le Roi les apprit trois3 jours après seulement, par le courrier qui en porta la nouvelle, et moi quatre jours, par mes lettres de la cour et de Paris, sans que nous ayons jamais pu comprendre comment il étoit possible que cette triste nouvelle eût été portée avec une si extrême diligence, pour ne pas dire incroyable4, sans que ce gentilhomme nous le voulût dire, sinon d'en fortement

1. Dangeau, p. 212, 19 septembre, et p. 225-227 ; Sourches, p. 181.

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