‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 8 sur 610 · Ce lu y est en interligne · texte numérisé non relu

Ce lu y est en interligne

et lui donner le second tome de M. de Stahremberg, et par le même chemin qu'il vint au secours de M. de Savoie et, quoique fort arriéré et toutes les rivières gardées, les passa et devança M. de Vendôme qui revenoit de cette belle course de Trente, et arriva à temps de sauver M. de Savoie comme je l'ai marqué en son temps1. On avoit beau presser le siège par des courriers redoublés ; le temps perdu ne se pouvoit regagner, et Chamillart fut obligé de mander à son gendre le mauvais effet de ses courses par monts et par vaux après un fantôme qui ne se montroit que pour le séduire, et qui lui échappoit toujours2. Personne n'osoit dire un mot de ce qu'il pensoit à la Feuillade. Dreux, son beau-frère, y fut si mal reçu, qu'il ne s'y commit plus, et il s'en brouilla avec Ghamarande, qui, comptant sur l'âge, l'expérience et l'ancienne amitié, s'étoit hasardé de lui dire tête à tête sa pensée avec grande mesure3. Sa sagesse et sa douceur évita l'éclat et le dehors; mais on s'aperçut bientôt du refroidissement, qui ne se raccommoda plus. Le pauvre Chamarande y perdit son fils4 à la tête du

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