‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 90 sur 610 · Etc. a été ajouté en interligne · texte numérisé non relu

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8. Il entra dans Milan le 25 septembre. Son placard de prise de possession est dans le volume Guerre 1964, n° 126 bis. Une lettre de M. de Vaudémont sur cette évacuation se trouve dans le même volume, n0' 112-114; ce prince était sorti de la ville le 18.

M. le

duc d'Orléans

Versailles.

après fut maître des châteaux de Milan ' et de Casai* et de Tortone3. On envoya les quartiers d'hiver pour l'armée de M. le duc d'Orléans4, et ce prince arriva à Versailles le lundi 8 novembre, sur la fin du dîner du Roi, qui avoit pris médecine et dînoit dans son lit à deux heures et demie, comme il faisoit toujours les jours qu'il la prenoitB. On ne peut être mieux reçu du Roi qu'il le fut, et de tout le monde6. Il fut voir Monseigneur aussitôt après, à Meudon, et soupa avec le Roi à l'ordinaire7. Dès qu'il fut, ce jour-là même, débarrassé du plus gros, j'allai chez lui. Nancré me saisit en y entrant, et, sans me donner un instant, se mit à se disculper d'avoir conseillé et machiné

1. Vaillamment défendu par le vieux marquis de la Florida, le château de Milan ne capitula que par ordre, le 20 mars de l'année suivante (Dangeau, p. 305, 321, 323 et 345; Sourches, p. 236, 237, 271, 277 et 317; Gazette d'Amsterdam, 1707, Extr. xxv-xxvm et xxxiv; Quincy, Histoire militaire, p. 339-344; Du Mont, Corps diplomatique, tome VIII, lre partie, p. 212; Rousset, Histoire du prince Eugène, tome H, p. 207-209).

2. Le château de Casai se rendit le 6 décembre après une mauvaise défense (Dangeau, p. 262, 264 et 270-271; Sourches, p. 236-237; Archives de Chantilly, registre S XIII, fol. 373-383; Dépôt des affaires étrangères, vol. Mantoue 43, fol. 369; Mémoires militaires, p. 361). Cette reddition a déjà été annoncée prématurément, ci-dessus, p. 85.

3. Et de Tortonne a été ajouté après coup en interligne. — Ce château, beaucoup mieux défendu que celui de Casai, se rendit cependant avant lui, le 29 novembre (Dangeau, p. 263, 264 et 269; Sourches, p. 237; Mémoires militaires, p. 359-361 et 730-746.

4. L'état en est dans le Journal de Verdun, 1706, 2e partie, p. 313-345.

5. Dangeau, p. 244; Sourches, p. 208. Comparez notre tome I, p. 134-135, le Journal de Dangeau, p. 328, et la suite des Mémoires, éd. 1873, tome XII, p. 183.

6. « Il ne resta pas longtemps dans le cabinet du Roi; mais il eut sujet d'être content, puisque le Roi lui dit que, si l'on avoit suivi ses avis, les affaires auroient mieux réussi, et qu'il lui préparoit une belle armée pour prendre sa revanche à la campagne prochaine » (Sourches, p. 208).

7. Le 9 : Dangeau, p. 245. Suivant Madame, le prince ne pouvait encore remuer que le pouce et le premier doigt ; au bout de quinze jours, il se trouva en état de jouer de la flûte.

ce misérable voyage de ces deux femmes. Il suivit M. le duc d'Orléans, qui me menoit dans son entresol, et voulut encore s'en laver devant moi en sa présence. Je le croyois trop sensé pour l'avoir fait; mais le monde n'en avoit pas jugé de même1. Ce fut alors que M. le2 duc d'Orléans me remercia avec effusion de cœur de la franchise avec laquelle je lui avois écrit sur ce voyage; il m'avoua que, fâché d'abord, puis tenté les sachant en même lieu que lui, il avoit succombé avec les précautions que j'ai rapportées. « Et voilà, Monsieur, lui répondis-je, la sottise ! » en l'interrompant. — « Il est vrai, me répliqua-t-il ; mais qui estce qui n'en fait jamais? » Nancré sorti, et la porte fermée, nous entrâmes bien avant en matière. Je le mis au fait des choses de la cour qui le regardoient, et de l'état présent du reste, que les lettres, bien que chiffrées, n'avoient pu comporter. Lui, ensuite, me parla en gros des choses principales d'Italie, parce que, réciproquement affamés, nous ne pouvions encore tomber aux détails, que nous discutâmes depuis. Il me fit une étrange peinture des officiers généraux de son armée, telle en tous points que j'ai tâché de la rendre, mais plus affreuse encore, et des malheurs,

1. Dangeau avait écrit d'abord, le 1er novembre (p. 241) : « Il arriva un courrier de M. le duc d'Orléans, qui est à Grenoble, où on lui a donné de grandes fêtes ; ce prince y a vu Mlle de Séry, et on assure qu'elle est en chemin pour revenir. » Le 9, les intéressés, Nancré ou le duc d'Orléans, lui font faire cette rectification : « Il n'est point vrai qu'on ait donné aucunes fêtes à Mlle de Séry à Grenoble, comme on l'avoit dit; elle a toujours été fort renfermée durant le peu de séjour qu'elle y a fait, et le duc d'Orléans la fit repartir dès qu'il sut, par une lettre de M. de Chamillart, que le Roi le trouvoit à propos.... Il n'étoit point vrai que M. de Nancré eût attendu à Nevers Mlle de Séry, pour la conduire dans le voyage qu'elle a fait : au contraire, il avoit fait ce qu'il avoit pu auprès d'elle pour la détourner de ce dessein-là, sachant qu'elle le faisoit sans que M. le duc d'Orléans le sût. » Tout à l'opposé de son mari, suivant un correspondant de la marquise de Balleroy (tome 1, p. 10), Mme de Nancré se glorifiait d'avoir conduit Mlle de Séry : « Preuve évidente que l'honneur des dames est où elles le veulent bien mettre! »

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