Oncle du prince de Turenne
7. Honoré Gaillard, né à Aix le 9 novembre 1641, était entré dans la Compagnie de Jésus dès 1656 ; il avait d'abord professé à Lyon, puis était venu à Paris faire l'éducation du jeune prince de Turenne et de ses
ché à eux tous, d'en faire l'oraison funèbre1. Il n'en avoit point eu d'enfants, dans un assez court mariage2 ; mais elle y avoit eu le temps de se faire connoître par tant de galanteries publiques, qu'aucune femme ne lavoyoit, et que les chansons qui avoient mouché3 s'étoient chantées en Flandres, dans l'armée, où le prince de Rohan4 ne l'avoit pas épargnée, et souvent et publiquement chantées5. Elle
frères. La protection de MM. de Bouillon et le succès de ses prédications au collège ou à la maison professe des Jésuites le firent appeler à la cour pour prêcher l'Avent. Il se plaça aussitôt au rang des prédicateurs les plus goûtés et les plus courus ; cependant tous ses contemporains ne le jugeaient pas de même : Mme de Sévigné et Saint-Simon l'admirent sans restriction ; le Gendre le traite de « pitoyable rhéteur, » et affecte de ne considérer son talent que comme affaire de convention ; peut-être ne faut-il prendre ce jugement que comme un témoignage de rancune personnelle, car le Gendre était tout dévoué à l'archevêque Harlay, et nous verrons bientôt (p. 352-353) comment l'oraison funèbre de ce prélat fut « escamotée » par le P. Gaillard. Celui-ci devint successivement recteur du collège et supérieur de la maison professe ; il se déchargea de ces fonctions en 1724, et mourut à Paris, le 11 juin 1727.
1. Cette oraison funèbre, prononcée à Cluny le 12 octobre 1693, fut imprimée.
2. Sur ce mariage, voyez la relation du Mercure, mars 1691, p. 144 et suivantes, et les chansons de Coulanges et autres, ras. Fr. 12 690, p. 257, 381, 390 bis, 405 et 417.
3. Le mot moucher est plusieurs fois employé par Saint-Simon dans le sens particulier d' 'aller et venir comme une mouche. On ne trouve cette acception dans aucun des dictionnaires du dix-septième siècle, et l'Académie ne l'a jamais admise. M. Littré cite deux anciens exemples où ce verbe est pris neutralement comme dans le nôtre, mais qui du reste en diffèrent, l'un beaucoup, l'autre absolument.