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Par mégarde, Celle, pour Celles

avoient pu, et brûlé presque toute la ville de Dieppe1. Le chevalier de Lorraine, qui étoit à Forges2, y courut3 avec quelques preneurs d'eaux, et y aida de son mieux le maréchal de Choiseul et M. de Beuvron. Le Roi écrivit au chevalier de Lorraine pour le remercier du zèle qu'il avoit témoigné4.

Il ne se passa rien en Italie, et tout s'y termina au blocus de Casai3. MM. de Vendôme passèrent presque toute la campagne en Provence, où le maréchal Gatinat les avoit détachés avec quelques troupes.

En Flandres, on ne fit que s'observer et subsister. Il s'en passa une grande partie6 au camp de Vignamont7, où, à la fin, les fourrages devinrent éloignés et difficiles8. Le prince d'Orange fut obligé d'en aller chercher le premier,

1. La flotte anglaise fit d'abord une descente dans la baie de Camaret, près de Brest (18 juin), et fut repoussée grâce aux mesures prises par Vauban et au courage des troupes et de la noblesse bretonne. Le mois suivant, l'amiral Berkeley bombarda et détruisit presque aux trois quarts la ville de Dieppe (22 juillet); il réussit beaucoup moins dans le bombardement du Havre (25 et 31 juillet). Enfin Dunkerque et Calais furent l'objet de tentatives analogues à celle qui avait été faite contre Saint-Malo en 4693. La terreur était telle sur les côtes normandes, que l'on vit, au printemps suivant, les villes se dépeupler presque entièrement, et les habitants en enlever tout ce qui était combustible, meubles, bois, etc., n'y laissant que quelques tapis ou matelas, pour camper. (Gazette à l Amsterdam,, 1695, p. 140.)

2. Forges-les-Eaux, bourg de Normandie, situé près de l'Epte, à quarante-cinq kilomètres de Rouen, entre Gournay et Neufchâtel. Ses sources minérales avaient été mises en vogue sous le règne de Louis XIII.

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